Éducation

Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 15:21

 

La grève semble avoir cessé, c’est l’heure du bilan, et rapidement, les individus et la société se rendent compte que la crise est loin d’être finie.

 

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais pour moi, je ressens une très vive tension : chacun  veut être payé, on veut "régler ses comptes", l'heure est à l'accusation et on recherche des boucs émissaires en se présentant comme victime. On peut lire ça et là des commentaires sur le comportement humain, et certains se sont laissés aller à critiquer « l’autre » en pensant qu’ils étaient dans leur droit et se convainquant que « l’autre » était forcément mauvais.

 

Il n’est donc pas inutile de resituer et relever quelques éléments qui nous serviront à forger notre propre réflexion. J'ai relevé 3 erreurs d'analyse dans les discours qui nous sont servis ces derniers temps :

 

1/ D’un point de vu général, vous souvenez-vous du slogan du collectif du 5 février : « Sé pou la viktwa nou ka alé » (C’est pour la victoire que nous marchons). En tant que croyant, nous ne pouvons pas nous satisfaire de ce simple  slogan. En effet, le chrétien confesse que « Sé DAN la viktwa nou ka alé ». Trois petites lettres qui font toute la différence et qui révèle la nature des choses : Le chrétien a obtenu la victoire en Jésus-Christ. Nous sommes plus que vainqueur : cela ne dépend pas de nos actions, mais de son action à lui : de ce qu’il a fait sur la croix.

 

2/ Lorsque nous avons fait remonter l’information signifiant que la violence montait dans le cœur de certains jeunes défavorisés, les autorités ont répondu : qu’il est faux de croire que le carnaval rend les gens violents. Vous avez certainement déjà entendu cet argument : « le carnaval n’est pas violent, c’est la société qui l’est ». Cependant ce n’est pas en encourageant ce type d’expressions culturelles que nous parviendrons à apaiser le ressenti de certain. Les pouvoirs publics cherchent à apporter une réponse globale aux écarts de conduite des citoyens. Cependant, la solution se trouve dans une prise de conscience individuelle, personnelle et citoyenne.

 

3/Une erreur largement répandue et diffusée vise à laisser croire que « toutes les grandes avancées sociales ont été acquises par la mobilisation et le combat social ». L'Europe, les États-Unis et le reste du monde rigolent bien de l'incapacité de la France et des Antilles à régler un problème dans la sérénité. Peut-être bien parce qu'on ne donne pas de place à ceux qui invitent à cette prise de réflexion. Cette « propaganda » de combat social ne tient pas la route. Il suffit de voir comment l’empire britannique a su donner la liberté à ses dépendances tout en gardant une forte attache avec les pays devenus autonomes. Cette « décolonisation » ne s’est pas toujours réalisée dans l’affrontement. Nous connaissons également les revirements des pays de l’est, mais aussi et plus loin l’exemple de la démarche de Lao-Tseu dans le désir d’unifier un pays autour d’un principe de paix.

 

4/ Rappelons-nous que la Bible dit que la Terre appartient au Seigneur, avec tout ce qu’elle contient. Jésus dit : « mon royaume d’est pas de ce monde »  (Jean 18:36). Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Alors j'aimerai vous inviter, alors qu'on fait ce bilan, à devenir participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par cette convoitise. Prenons conscience que tout ce qui est dans le monde : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, ne vient pas de Dieu mais du monde. Or le monde passe, et sa convoitise aussi ! Cependant, je vous assure que celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement.

 

Il est absolument certain qu’un jour nous entendrons les anges nous dire « Malheur! La grande ville, qui était vêtue de fin lin, de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles! En une seule heure tant de richesses ont été détruites »! - Apocalypse 18:16

 

Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 16:01

La mediation en Martinique
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A l’heure où la démocratie est remise en cause par le principe de la « Governance », plus que jamais, il nous semble important de redonner sa place au peuple et que le lieu de vie redevienne le lieu central des décisions sociétales. L'Association Médiadom nous livre un exemple intéressant où, au beau milieu de troubles, des hommes et des femmes arrivent à se parler et exprimer leur ressenti dans la dignité.
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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /Fév /2009 19:07
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 00:04

La première fois que j’ai entendu l’expression « la Gwadloup se ta nou », c’est en octobre 1999. A l’époque, 61 naufragés chinois avaient été récupérés au large de Saint-Martin, et hébergés à Saint-François. Alors qu’une pétition réunissant 700 signatures avait été recueillie et que la préfecture était prête à  accorder l’asile politique à ces réfugiés, plusieurs chinois ont été victimes de provocations racistes  et d’agressions de la part des Guadeloupéens. La France a donc cédé aux pressions locales des revendications au détriment de la solidarité. Je ne sais pas ce que sont devenus ces ressortissants.

Le 11 février dernier, la presse titrait qu’Yves Jégo, Secrétaire d’Etat chargé de l’outre- mer revenait en Guadeloupe avec 180 millions d’euros.

Au regard d’une population de 360 000 habitants, cela représente 500 euro par habitant, soit 1,36 € par jour… 1,36 € : Youpi ! Yves Jégo nous paye notre baguette quotidienne ! (j’avais bien dit que c’était la Baguette qui était responsable de la crise !)  A présent, répétons tous ensemble : « Notre Jégo qui êtes à l’Elysée, Donne-nous aujourd’hui, notre Baguette de ce jour » !



Dans l’île sœur, les propos raciste d'une personne âgée ne sont pas là pour faire avancer les choses. En fait, quand on y regarde de plus près, il a simplement repris, déformé et amplifié les propos de Nicolas Sarkozy : du « rôle positif de la colonisation », il a glissé au « rôle positif de l’esclavage ». En effet, l’esclavage a été très positif… pour les maitres esclavagistes ! Maintenant, si on veut aller plus loin, au lieu de s’en prendre à lui, il serait peut être important que nos « grands hommes politiques » puissent réfléchir à deux fois et mesurer leur propos qui, de toute évidence, ont des répercutions bien au-delà du souhaitable.


Quant-à-moi, depuis le 5 février, je me suis fait agressé verbalement 4 fois, bousculé 2 fois et pour passer incognito, je mets un jean’s... histoire de passer discret…  Avec tout cela, en ces temps ci, il ne fait pas bon vivre aux Antilles quand on est un peu trop clair…

J’ai habité à Los Angeles. Pendant les émeutes de 1992, et après les émeutes, le climat n’a plus été le même. Certes, les dégâts se sont élevés à 1 milliard de dollars, mais les bâtiments brûlés et les morts ont laissé dans la conscience des habitants un arrière goût amer, quand bien même les policiers blancs ont été rejugés.


En parlant avec les jeunes des quartiers sensibles, ceux-ci émettent le fait qu’ils ne sont pas entendu, et que les manifestations sont des manipulations politiques et syndicales dans lesquelles ils ne veulent pas entrer et dans lesquelles ils ne se sentent pas représentés! Ils attendent une chose : que le carnaval commence et là, pour reprendre leur propos, « on va tout brûler »! N’allons donc pas croire que lorsque le collectif obtiendra gain de cause, que cela va apaiser ces jeunes : il y a une frustration qui ne cesse de monter ; ils ne se sentent absolument pas représentés par les syndicats qui sont dans la rue, et on leur a refusé d’exprimer leur ressenti. Cette situation explosive risque de déboucher sur un carnaval meurtrier, et il n’y a pas besoin d’être prophète pour le dire !


On nous parle de comparer les prix avec la métropole. Mais qu’en est-il des îles voisines et de leur prix. Certes, les produits sont différents. Il serait intéressant de voir ce que les distributeurs comme Carrefour pratiquent dans les autres îles (comme à Santo Domingo, puisque c’est, il me semble, le groupe Hayot qui en a la charge) : et du type de produits, leur provenance etc… par exemple, les chips « Lays » pourraient-elles provenir de Puerto Rico plutôt que de Métropole ? La moutarde pourrait-elle venir du Québec ? Le lait en poudre du Venezuela ou autres, que sais-je ?


Qu’en sera-t-il, une fois que les Antilles auront obtenu gain de cause ? Un fort sentiment d’intouchabilité peut déboucher sur une permissivité sans frein avec laquelle les plus faibles, les femmes, et l’éthique au travail risquent d’être la cible d’individus qui se croiront tout-puissants. Il s’agira donc de reconstruire un bon sens et un lien social, en invitant chacun à la modération, à la discipline et au respect. C’est là qu’une action de médiation trouve particulièrement auprès de la société antillaise et des individus qui la composent. Qui se lèvera donc face à cette situation qui, avant d'être sociétale, est spirituelle ?

Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 14:23

«  U La gwadloup sé ta nou, la gwadloup sé pa ta yo U »…

Un refrain bien entrainant et mobilisateur ! En regardant les images des manifestations en Guadeloupe, je n’ai pu m’empêcher de repenser à la situation du haut moyen-âge en Allemagne, avec la « révolte des paysans », qui embrasa l’Europe et permis à la Réforme de trouver un terrain propice à son expansion, grâce au terreau politique et économique qui présentait la situation Je me pose la question : comment se fait-il que Lyannaj kont Pwofitasyon, proche de l’idéologie de l’UGTG dont la velléité autonomiste n’est pas à démontrer, fait appelle aux autorités françaises pour résoudre des problèmes économiques locaux ? Pour moi, une seule coupable : LA BAGUETTE !


Lorsque je suis arrivé en Guadeloupe, j’avais vécu 3 ans ½ dans des pays anglophones :
l’Angleterre, les États-Unis et leCanada.


Au Québec, je souriais de ce désire de se revendiquer « français », alors que la culture et les coutumes, mêmes si elles prennent naissance dans le berceau hexagonal, sont calqués sur le modèle américain. Quelle surprise en arrivant « Downtown Pointe-à-Pitre » : des pharmacies à gauche, à droite, devant et derrière, alors qu’il me fallait parcourir des « miles » (pardon… des kilomètres) pour en trouver une dans un pays dit « occidental » comme le Canada ! J’étais à des lieues de la France, et la culture française, tout le style de vie y était reproduit à l’identique ! Quelle surprise ! Je retrouvais les mêmes bonnes choses… ainsi que les mauvaises manières françaises si décriées en Europe et dans le reste du monde. Bien que ma famille soit Guadeloupéenne, je suis né en Métropole, clair de peau, et j’ai vécu à l’étranger… Et d’un coup, ça m’est tombé dessus. Moi qui rouspétait de retrouver cette vielle mentalité française ici, dans mon pays d’origine, la Guadeloupe, je me suis vu interpelé dans la rue (et ce ne sera pas la seule fois) qu’en tant que « français », je n’avais rien à faire dans « leur » pays. Français moi !? Quelle insulte, venu de cet homme tenant un croissant dans une main et le tiercé de l’autre ! Pour moi le français, c’était lui ! Avec ses pharmacies, son tiercé, sa Peugeot, et SA BAGUETTE !


Je n’arrive même pas à trouver de la « marmite » dans ce pays !  Oui, je comprends Lyanaj Kont Pwofitasyon et son désir de libération des habitudes économiques… mais « Babylone » n’a-t-il pas déjà pris je dessus ? Ce que je veux dire par la est de savoir si le guadeloupéen est-il prêt à troquer sa Baguette contre de la Marmite ? Cette libération économique et idéologique passe inéluctablement par une conscientisation de « qui je suis » ? Je me réjouis donc de ce désire de prise de conscience, non dans les perfectives locales, mais humaines et mondiales. Ce que rencontre la Guadeloupe est l’expression d’une prise de conscience mondiale : celle que ce système produit des riches qui sont toujours plus riches… Les conglomérats économiques et les et consortiums politiques actuels conduisent le monde à sa ruine et à sa destruction.



Seul l’abandon entre les mains de Dieu et un retour au bon sens peut résorber cette fracture. La Guadeloupe n’est pas la propriété d’un parti, ni la partie d’un État, elle appartient à Dieu.
Crions-le et faisons de cette vérité biblique, une réalité !


«C'est chose notoire que l'homme ne parvient jamais à la pure connaissance de soi-même jusqu'à ce qu'il ait contemplé la face de Dieu, et que, du regard de celle-ci, il descende à regarder soi.»
                                                                            Jean Calvin Institution de la religion chrétienne.

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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 01:47

Il est un livre qu'un antillais se doit de lire... Tristes tropiques.

 

S'en doutait-il ? En 1955, Claude Lévi-Strauss sortait l'ouvrage qui allait transformer à tout jamais notre conception occidentale de l'autre. Redonnant sa dignité aux sociétés indigènes du Brésil central par la nouvelle perception qu'il propose. Plus que jamais, ce message est d'actualité, au regard des difficultés et différences culturelles qui semblent opposer pas seulement les nations entre-elles, mais des voisins entre eux.

 

Lévi-Strauss présente sa recherche ethnologique selon une théorie à partir de laquelle son terrain d’exploration paraît réduit à un rôle d’objet. Il nous semble que les questions suscitées sont déterminées en vertu d’un intérêt propre à l’homme de son époque (et par extension, l’homme de notre époque). Aussi, le terrain ne peut répondre que dans les termes de la théorie et dans les directions qui ont été prévues par Lévi-Strauss lui-même. Il est donc évident qu’il y a matière à réflexion dans cette opposition entre sens commun et sens théorique. Mais, dans la mesure où nous mettons en rapport l’éthique de l’éducation traditionnelle face à l’éducation moderne, quels sont les motifs qui nous permettront d’apprécier cette éthique, et plus précisément, la dynamique, s’il y en a bien une, de cette éthique. En effet, comme une théorie d’ensemble, certains ethno méthodologues croient qu'il faudrait interpréter le droit des peuples comme un modus vivendi, une manière de vivre s’accommodant du « naturel ». L’homme moderne, hyper technologique serait invité à se tourner vers cette éducation traditionnelle afin d’être en harmonie avec lui-même. N’est-ce pas, en quelque sorte, ce que nous remarquons avec le pragmatisme observé dans certains pays, et le désir des institutions françaises de s’en inspirer afin de l’appliquer, par exemple, dans le domaine de l’éducation. En effet, n’est-il pas vrai qu’il existe un désir de mettre plus en rapport l’université et le monde du travail afin de mieux professionnaliser le monde académique, comme c’est le cas de plusieurs pays anglophones. Cependant, si les principes du « droit des peuples » ne sont que le résultat d'un modus vivendi, cela a pour effet d'en limiter la portée universelle et donne à penser qu'ils doivent être subordonnés à des principes qui s'appliquent à des individus. On parle alors de « droit des gens ».

 

En contrepartie, Coulon introduit ce que nous pourrons appeler un principe correcteur moral qui va au delà d’une théorie de la justice et d’un principe de tolérance. Pour lui, d’avantage qu’une théorie constituée, il s’agira d’adopter une nouvelle posture (éthique) intellectuelle.

C’est dans ce sens que l’on peut établir une théorie mettant en présence le naturel et le culturel. Dans un premier temps, nous replacerons cette question dans le contexte rédactionnel de Lévi-Strauss, en tentant de présenter une situation, ensuite nous définirons la problématique soulevée par ce texte, en rapport avec la sociologie et plus précisément le lien social qui existe dans les sociétés dites premières. Enfin, non pas comme une conclusion, mais comme un dépassement, notre étude pointera du doigt les chemins empruntables pour une définition de l’éducation au sein d’une société postmoderne hyper technologique face à la recherche individuelle toujours croissante de l’épanouissement personnel.  Nous mettrons en gros plans les dérives que de telles positions génèrent, ainsi que les « chances », qu’elles engendrent, particulièrement dans nos sociétés des Antilles Françaises.

 

Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Mercredi 26 novembre 2008 3 26 /11 /Nov /2008 02:14

En août 2008, sortait un appel d’offre qui demandait aux différents centres de conseils en formation de faire des propositions afin d’accompagner des formateurs adultes des CFA. Généralement, les dirigeants des centres de formation aux Antilles qui se posent des questions sur l’apprentissage vont faire le constat que les formateurs occasionnels ou permanents sont souvent des experts, mais qu’ils n’ont pas toujours les compétences pédagogiques nécessaires pour transmettre leur expertise.

 

Nous avons été très surpris que des professionnels du secteur fassent des propositions qui ne prenaient pas en compte certains principes pédagogiques. Ainsi, un centre était devant la problématique suivante : des jeunes sans qualification ayant rencontré des difficultés dans le système scolaire ont abandonné leurs études. Ils ont été placés dans des programmes d’apprentissage et de remise à niveau, mais ont encore abandonné le programme : Que faire avec ces jeunes ? Ce centre a donc proposé de répondre à la situation de la façon suivante : « si ces jeunes n’ont pas le ‘niveau’, nous allons leur dispenser une formation de 28 heures de cours magistraux par semaine en centre de formation afin qu’ils acquièrent ces connaissances de base sur tel et tel sujet ». Un peu surpris de la réponse de ce professionnel, nous avons proposé une approche qui prend en compte les travaux de Houssaye sur ce qu’on appel le triangle pédagogique, mais il apparait clairement, encore aujourd’hui, que dans les pratiques d’apprentissage, les centres de formation considèrent l’apprentissage comme la communication d’une information détenue par un expert à une personne novice qui se doit d’engranger cette connaissance qui lui est dispensée.

Il est donc impératif de bien préciser ce qu’est l’accompagnement, et ce qu’il n’est pas. Il ne s’agit pas simplement de rechercher des méthodes et des techniques permettant au pédagogue de faciliter l’apprentissage et la mémorisation. Un simple apport méthodologique sur la pédagogie des adultes, l’animation de sessions de formation, de découvertes de nouveaux outils est certes intéressant mais insuffisant pour répondre à des questions d’identité sociale et de construction de soi, particulièrement dans notre société multiculturelle.

Dans ce qu’on appelle le triangle pédagogique, c’est l’élément du savoir qui est l’intermédiaire entre l’Apprenant et le Formateur. Ce schéma permet de transcender la problématique qui consisterait à opposer de façon bipartisane le formateur « omniscient » et l’apprenant « ignare ». Dans un bipartisme, vient se greffer, en plus de cette problématique, celui de la représentation symbolique culturelle dominant-dominé [1].

 

Complexité de la formation aux Antilles

L’espace « microsocial » de la formation est donc beaucoup plus complexe qu’il n’apparait. En effet, il met en action deux forces, deux vecteurs : celui de l’apprenant et celui du formateur qui renferment en eux autant de complexité due à l’identité et l’expérience de chacun. Fixer son attention sur l’objet du savoir, plutôt que sur l’une ou l’autre des parties permet donc une action modératrice, régulatrice. Ce choix neutralise le désir qu’aurait chacun de se situer dans une relation de domination ou de défiance à l’égard d’autrui. Cependant, nous nous devons de préciser ici que ce schème, cette posture comprendrait un risque : celui de diviniser la connaissance et de la rendre impersonnelle si elle n’est pas elle-même modulée par un correcteur éthique en retour. Un regard qui permet à chacune des parties d’assimiler tout nouvel élément dans le rapport qu’il a au savoir, mais aussi au regard de l’analyse de l’autre. Chacun est donc ici valorisé, tant l’apprenant que le formateur. Ce mouvement constant de réinterprétation permet donc d’établir de nouvelles représentations et une meilleure compréhension de l’autre dans son espace et contexte propre. C’est à cet égard que Jacques Coursil parle de « Travail en cours ». Le souci de soi permet à l’acteur social et à tout apprenant de s’interroger sur les vertus de l’autonomie du savoir. Selon nous, il est important qu’une formation puisse s’appuyer sur une pédagogie active basée sur le principe que l’on retient mieux ce que l’on apprend en joignant le geste à la parole et surtout en construisant soi-même son propre savoir. Ainsi, les activités peuvent être perçues comme un moyen de résoudre un problème. Les solutions construites par l’apprenant lui permettent donc d’améliorer sa propre compréhension et d’augmenter ses possibilités d’action dans son environnement.

 

Complexité du rapport apprenant/formateur.

Comme l’indique J. Dubois dans son dictionnaire, si le bilinguisme concerne l’utilisation de langues ayant le même statut, la diglossie, quant à elle, s’applique à présenter une situation dans laquelle une des deux langues ont un statut différent. La question s’est posée dans un contexte religieux avec la transmission du texte biblique hébraïque en Grec par la traduction des Septante. Sur un autre registre, très récemment l’écrivain franco-mauricien Jean-Marie Gustave Le Clézio ne cache pas avoir été influencé par ses origines familiales mêlées, mais aussi par ses voyages et son goût marqué pour les cultures amérindiennes. Lors de la remise du Prix Nobel de Littérature, en 2008, il va appuyer son discours sur la difficulté qu’un antillais va rencontrer à transmettre et traduire sa pensée créole en langue française. Si pour le juif du IIIème  siècle, l’hébreu appartient à un groupe de langue qui utilise un système métaphorique, il pouvait s’inquiéter à voir traduire de façon littérale un texte fort en images, en une langue qui utilise un système conceptuel dans lequel un mot représente un concept, alors que dans le premier système, à un mot, s’attache une idée ou une image. Ce conflit linguistique est aussi un conflit socioculturel et sociopolitique, comme le souligne Jean Bernabé.

 

 « Manger du mil ne fait pas de toi un africain ».

En Amérique du nord on parle depuis les années 70 de « black on the outside, white on the inside ».  Les acteurs de la formation s’accordent pour dire qu’apprendre un métier revient à acquérir une base de connaissances. Une différence est parfois faite entre ce qu’on appelle la professionnalité et le professionnalisme qui prendra en compte la présence d’une identité professionnelle. Cette identité ne peut s’acquérir que dans la représentation issue soit de l’expérience de terrain, soit d’une modification et adaptation de connaissances initiales (acculturation – inculturation). Nous proposons de considérer le lieu, l’espace d’apprentissage comme un « a-topos » idéal, qui se heurte, dans la réalité, à bien des difficultés :

 

Conclusion : Vers une pédagogie Freinet de l’adulte ?

Il serait intéressant de reprendre les « invariants » de Célestin Freinet afin de l’adapter à l’adulte, avec les modifications que cela Des questions peuvent subsister lors de l’analyse des choix de l’apprenant. Son projet et son orientation sont-ils choisis ou subis ? Quelle est donc sa motivation? Comment vit-il sa construction identitaire ? Son identité est-elle positivée ou non ? En marge de ces questions, il semble important d’utiliser un espace pédagogique tripolaire, afin de favoriser l’échange des parties. Cette conception tripolaire est aussi utilisable dans les prestations d’accompagnement. Ainsi, comme c’est au travers de la prestation que l’échange se fait, il permet de désamorcer des situations au sein desquelles l’accompagnant se doit de prendre en compte la situation sociolinguistique de l’apprenant, sans pour autant s’excuser de ce qu’il est, et pour l’apprenant, d’être accompagné dans une démarche authentique dans laquelle il n’a pas a s’excuser des circonstances qui l’on poussé dans ce programme d’accompagnement, ou d’apprentissage. Dans ce sens, cet espace d’apprentissage peu devenir un véritablement lieu d’enrichissement réciproque pour chacune des parties.



 [1] Brigitte ALBERO, l'autoformation en contexte institutionnel, du paradigme de l'instruction au paradigme de l'autonomie, Ed. L’Harmattan, Paris, 2000, 306 p.

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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /Nov /2008 01:05

Exposition sur l'Edit de Nantes à la Bibliothèque Universitaire de Schoelcher ! Conférence du Professeur Gérard Lafleur Vendredi 7 novembre à 18h30

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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /Oct /2008 15:12


Lors de notre emission radiophonique hebdomadaire, sur les ondes de Fm Espoir, nous avons reçu un élu de la Martinique afin d'aborder, en pratique, des solutions au regard de la crise financière qui touche notre économie. Ce dernier a fait appel aux valeurs et au bon sens de chacun. Etre responsable et vigilant.

La Métropole fait les mêmes constats, et c'est maintenant, et plus que jamais, qu'il est important que la famille retrouve sa place dans l'éducation. Nous devons favoriser la qualité de vie qui se trouve dans la relation avec l'autre en faisant preuve de solidarité.

La raison doit l'emporter sur la passion. Villemomble, belle commune de la Seine-Saint-Denis fait office d'exemple et de modèle dans ce domaine. Le Député Maire Patrice calmejane a éssuyé toutes les critiques récurrentes de l’opposition sur ce point, et la commune n'a pas emprunté depuis 1999 !

C'est ainsi qu'un article sur la nécessité d'une gestion responsable des fonds départementaux a été rédigé en Mars 2007 (lire l'article). Ce choix s’avère aujourd’hui plus que jamais judicieux car cette prudence dans la gestion permet à Villemomble de ne pas souffrir de la crise financière.



Nous ne pouvons donc qu'approuver ce choix qui fait ses preuves aujourd'hui ! Alors que le parisien titrait hier ques les municipalités du 93 étaient "prises à la gorge" la ville de Villemomble et son équipe dirigeante ont su démontrer que les principes qui ont motivés leurs choix étaient honorables.

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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 06:58

L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

52 minutes pour tout comprendre : NE ZAPPEZ PAS !!!
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