Origine de noël 4/4

Publié le par Pasteur Robin Reeve

En ce « quatrième dimanche de l’avent », nous arrivons au terme de notre étude sur les origines de Noël. En contre-point de notre étude, je vous livre une publication de mon collègue Robin Reeve, de la Faculté de Théologie de Vaux-sur-Seine

Pasteur Robin Reeve, Église Évangélique de Lausanne.

Pasteur Robin Reeve, Église Évangélique de Lausanne.

NOËL, POUR QUE LA LUMIÈRE SOIT !

« Noël » est un terme unique au français. Les anglophones – quand l’idéologie hideuse du « politiquement correct » ne leur fait pas dire « Happy Holiday ! » (Bonnes vacances) – parlent de « Christmas », c’est-à-dire de la « Messe du Christ ». L’allemand « Weihnachten » semble venir d’un ancien terme « weih », qui signifierait « saint » et qui désignerait la « nuit sainte ». Mais Noël a des origines inconnues. Il apparaît au 12e siècle (sous la forme « naël »). Certains pensent que ce serait une déformation du latin « natalis », en lien avec la naissance.

Toutefois, il ne s’agirait pas de la naissance de Jésus, mais du retour du soleil après le solstice d’hiver : la date de la fête chrétienne a été opportunément placée sur celle qui célébrait le Soleil Invaincu. Pour cela, certains pensent que le terme est dérivé du grec « noïos helios » ou du gaulois « noïo hel » qui – étrange coïncidence ! – signifient tous deux « nouveau soleil »… Le culte au Soleil Invaincu (Sol Invictus) avait été établi au 3e siècle comme religion d’État par l’empereur Aurélien, s’inspirant du culte d’Apollon et de Mithra, dans le but de rassembler l’ensemble des sujets de l’Empire autour d’une croyance commune. Trente ans après sa mort, c’est Constantin qui devint empereur, fervent adorateur de Sol Invictus, qui fera du dimanche le « Jour du Soleil » (d’où l’anglais « Sunday » et l’allemand « Sonntag »). Quand, plus tard, cet empereur se convertit et que, progressivement, la foi chrétienne passera de croyance tolérée au statut de religion d’État obligatoire et persécutrice, c’est la naissance du Christ qui sera célébrée en lieu et place de celle du soleil.

Ces faits offusquent certains croyants, qui voient là une corruption de la foi chrétienne par le paganisme passé. Ils peuvent aller jusqu’à refuser de fêter Noël pour cette raison. Il est vrai que personne ne connaît avec certitude le moment de l’année où Jésus serait né. Plusieurs théories contradictoires existent : il serait né à la fin de l’été ou alors au printemps ou malgré tout au début de l’hiver… Il est aussi vrai que les premiers chrétiens ne célébraient pas Noël – c’est la fête de Pâques qui est la plus ancienne, car elle rappelle la mort et la résurrection du Christ. Mais se crisper et rejeter la célébration de Noël est-ce une attitude raisonnable ? Ne pourrait-on pas regarder la question par le petit bout de la lorgnette et trouver, finalement, que LA DATE EST TRÈS BIEN CHOISIE ?

L’antiquité païenne vivait dans les regrets d’un Âge d’Or passé et dans l’angoisse de ne pas revoir le soleil se lever : le message de l’Évangile n’est-il pas justement une réponse à cette tristesse et à cette peur ? Placer le rappel que « la lumière a lui dans l’obscurité » (Jean 1.5) au plus sombre de l’année de notre Hémisphère Nord n’est-il pas justement une victoire annoncée du Christ sur les faux dieux ? C’est avoir plus peur des anciennes religions que de la puissance de l’Évangile que croire que celui-ci puisse être corrompu par elles ! De même, les anciennes églises ont été construites sur de précédents lieux de culte païens, justement pour proclamer combien Jésus apporte l’espérance au contraire de ces croyances (n’oublions pas que le druidisme impliquait les sacrifices humains). Les lumières qui brillent dans les froides nuits de nos villes sont autant de témoignages que l’être humain aspire à la renaissance et au bonheur. Derrière les religions illusoires – tant le vieux paganisme que l’humanisme doucereux et superficiel – s’exprime un désir d’éternité auquel répond l’espérance chrétienne. Et la meilleure manière d’être chrétien, ce n’est pas d’agiter le doigt d’un moralisme accusateur ou de pester contre le fait que Noël ait été plaqué sur le temps du solstice d’hiver. La meilleure manière d’être chrétien c’est de célébrer la vraie Lumière, celle dont le psaume dit « Par ta lumière, nous voyons la lumière » (Ps 36.9), justement au moment où les gens y aspirent ! Les bougies que nous allumons sur les sapins – vestiges, eux aussi, de la vieille aspiration païenne au retour du soleil – seront autant de témoignages de la vraie lumière. Les cadeaux que nous nous ferons seront de modestes rappels du cadeau de Dieu offert à l’homme, dans le Christ Sauveur.

 

Non, je n’ai pas peur d’être païen quand je fête Noël !

C’est au paganisme de craindre les chrétiens qui chantent la naissance du Christ en décembre ! Je ne laisserai donc pas les « pisse-vinaigre » noyer de leur jus infâme la flamme de mes bougies. Et les gens « pincés », plus craintifs du diable que de Dieu, ne moucheront pas mes chandelles. Ce sont bien ces gens sectaires qui mettent plus en danger le message chrétien que les ampoules qui décorent nos rues et nos magasins. Ce sont eux qui menacent ma liberté chrétienne, bien plus que les dindes aux marrons de mes voisins qui, à leur manière, expriment leur désir de chaleur et de plénitude. Ce sont eux les religieux qui, tels des spectres lugubres, ne savent que voir l’obscurité : qu’ils retournent dans leurs sépulcres de propre-justice !

Non mais ! Alléluia, quoi !

Publié dans Théologie

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