Protestantisme Libéral 2015

Publié le par Pasteur Christophe Deville

J'ai pris plaisir à lire une présentation (pas une définition) du protestantisme libéral, présentée par le Pasteur Marc PERNOT. L'Angle d'approche esquive certes le questionnement évangélique, mais recentre notre Foi sur la Théologie de la Grâce. Je vous livre son témoignage dans son originalité :

"1) Pour moi, il n’y a pas d’autre chemin que Jésus. J’ai même démissionné d’un grand et beau poste dans l’administration pour me mettre à 70 h / semaine au service de l’annonce de l’Evangile, avec des difficultés pour manger (je suis au rSa, même si l’église me verse un salaire et un logement de fonction). Mais il me semble que ce qui explose magnifiquement en Christ existait et existe en traces ailleurs. Pour plus de détails sur cette question : https://oratoiredulouvre.fr/predications/jesus-le-seul-chemin-jean-14.php

2) Non, je ne pense pas que la foi soit « seulement une façon de donner du sens à sa vie ». Bien sûr que non. Je pense effectivement que même s’il n’existait pas de Dieu au sens d’une personne, cela ne rendrait pas inutile d’avoir la foi, car cela permet de cheminer vers un idéal. Mais c’est autre chose. Le libéralisme est au contraire une façon de donner la plus grande valeur à la mystique, à la relation personnelle, intime à Dieu, et en relativisant l’église, en relativisant les doctrines, les croyances. C’est à mon avis une façon de répondre à ce commandement du Christ de privilégier l’amour personnel de Dieu, et la prière seul à seul, dans le secret de sa solitude dans sa chambre, porte fermée. 

3) Oui, les miracles de la Bible nous sont racontés, à mon avis, pour l’intérêt de leur sens figuré. Par exemple que Jésus soit la lumière du monde n’encourage pas à se passer d’ampoules ou de bougies mais à voir clair par la foi, Jésus qui marche sur l’eau n’encourage pas les chrétiens à se passer des ponts pour aller sur l’autre rive de la Seine mais à saisir qu’en Christ Dieu nous donne de ne pas couler dans le chaos de l’existence mais de cheminer, Jésus qui ressuscite des morts nous encourage à ressusciter aujourd’hui par la foi… Donc oui, la foi apporte énormément et des choses bien plus essentielles que des miracles matériels. Mais avoir la foi n’a pas besoin d’être motivé par l’intérêt, au contraire. La foi c’est avoir envie d’être en relation à Dieu par amour pour Dieu, pas par intérêt pour soi-même ! C’est comme si quelqu’un disait que sa grand-mère est si pauvre qu’elle n’a rien à donner et qu’il n’y a aucun héritage à attendre… qu’il n’y a aucune raison d’aller la voir, que c’est inutile. On se dirait que ce petit-fils est un sacré salaud, qu’il n’a rien compris à la vie. Il en est de même pour la foi. Celui qui a la foi pour avoir des avantages matériels venant de Dieu n’adore pas Dieu, mais il s’adore lui-même et compte sur Dieu comme un employé qui peut lui rendre service dans son adoration de soi-même, de sa vie présente et de sa vie future…

4) Et donc ce n’est pas non plus pour gagner le paradis ou éviter l’enfer que l’on a la foi ou que l’on va au culte ou que l’on prie, ou que l’on lit la Bible, ou que l’on est généreux et serviable. Car alors notre vie entière est basée sur une sorte de commerce. Dieu serait pour nous un employé de péage alors qu’il nous donne tout par amour. La foi chrétienne est justement une sortie de tout marchandage pour entrer dans une autre façon de penser et de vivre : celle de la grâce. Dieu nous est favorable, et c’est une joie profonde d’aller vers lui, de penser à lui, de nous ouvrir à sa dynamique de vie. Et si l’on aide quelqu’un ce n’est pas pour faire notre propre paradis mais pour le plaisir de faire ce qui nous semble juste et bon, pour la joie d’essayer de faire qu’une personne se porte mieux. Car c’est ce que Dieu a fait pour nous, ce qu’il essaye de faire encore, et essayera encore de faire demain, et demain. Par grâce.

Mais oui, aimer et servir risque bien de nous apporter plus d’ennuis de qu’autre chose (au sens matérialiste et égocentrique), aimer et servir ne nous est pas utile, prier non plus. Et pourtant, c’est bien là qu’est ce qui rend la vie vivante et belle".

 

Pasteur Marc PERNOT 

 

En première lecture, il nous faut dire que ce texte, qui répond à l'interrogation d'un fidèle évangélique, présente du sens. La question 3 sur les miracles tend à démontrer qu'en effet, le miracle est un signe. Or, la véritable question est de savoir si le miracle n'est qu'un signe, ou une réalité que l'on peut et que l'on est invité à expérimenter dans notre réalité quotidienne. L'évangélique répondra "Oui, Absolument", le libéral dira "pourquoi pas". 

La question 4, vise à replacer la grâce au centre de la Foi, et c'est appréciable. Tout évangélique devrait se rappeler qu'en effet, nous ne nous n'exerçons pas la foi et la sanctification POUR être sauvé, mais PARCE QUE nous avons été sauvés par GRÂCE. Sinon, la grâce ne serait plus une faveur imméritée. En tant que protestant, libéral ou évangélique, nous devons nous attacher à cette ATTESATION de FOI.

La Marche pour Jésus

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Publié dans Théologie

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