Journée de la femme 2016 - lVG

Publié le par Pasteur Christophe Deville

Cette année, nous présenterons un fléau qui atteint de nombreuses femmes aux Antilles et particilièrement en Martinique : la problématique de l’IVG et de l’isolement que rencontrent certaines femmes et certaines filles mineures. Lors des cures d'âmes ou relations d'Aide, Les pasteurs sont régulièrement confrontés à des jeunes femmes suite à un avortement (pour certains, les faits remontent à plusieurs années).

Nos milieux chrétiens ne permettent pas facilement à ces jeunes filles (parfois mineures) d’exprimer leur trouble au regard de ce geste qui bien souvent devient source de jugement et d’exclusion. Le jeune homme impliqué, quant à lui, est souvent en dehors du processus. Or les terribles regards de jugement et de stigmatisation se portent vers cette jeune femme à plusieurs titres : 1/ D’abord parce qu’on lui a dit qu’elle ne devait pas commettre un acte sexuel hors mariage (dans la plupart des cas, il s’agissait d’une jeune fille célibataire non mariée). 2/ Ainsi, si elle avoue être enceinte, elle prend le risque d'être rejetée par sa communauté. Elle va insidieusement découvrir qu’un regard de méfiance est porté sur elle, et que des paroles médisantes pleuvent sur elle. La pression est forte et la souffrance intense. C’est là que le jeune homme pourrait jouer un rôle d’encouragement, ce qui n'est pas toujours le cas.

La solution alternative est de ne rien dire à personne et de chercher une remédiation : L’IVG (là encore, le jeune homme [encore faut-il qu’il soit au courant], est bien souvent démissionnaire). Certains collègues vont forcer les jeunes à se marier. On risque ainsi d'ajouter à la problématique de la naissance, celle de la fondation d’un foyer pour une vie… alors que ces jeunes n’ont pas forcément les mêmes projets de vie, ni les outils, ni les finances… d’autant que l’Église n’est pas forcément prompte ou équipée pour répondre à ce besoin : Peut-être y a-t-il une piste à emprunter et des solutions à apporter au sein de nos églises ? 

L'IVG en chiffre... En 2012, on totalise 6694 grossesses en Martinique (4458 naissances et 2236 IVG). le taux d’avortement est de 33,40%  En Martinique, 1 femme enceinte sur 3 va décider d'avorter. C'est une problématique majeure sur laquelle les politiques  devraient se pencher !

L’avortement et ses conséquences

1. Conséquences Physiques. Elles peuvent être directes (1 femme sur 300 qui avorte dans le monde décède), mais aussi survenir plus tard dans la vie d’une femme (réduction du taux de fertilité, irrégularités menstruelles, rapports sexuels douloureux.

2. Conséquences Psychologiques. Comme le montrent les études menées sur l'avortement  à l’Université Paul Verlaine de Metz (Raphaëlle MATHIS et Caroline MULLER) ; au-delà du traumatisme que pourrait constituer l’annonce de la grossesse et l’intervention en elle-même, l’IVG est une expérience de deuil, une expérience où l’on est confronté à la mort. Cela nécessitera du temps pour faire le deuil de l’état de grossesse, le deuil de l’enfant et pour inscrire l’IVG dans son histoire de vie. Il est nécessaire d’offrir une place à chaque femme et à son vécu de l’acte pour pouvoir l’élaborer et l’intégrer au mieux.

3. Conséquences Sociales et économiques. Nous l’avons vu, dans l’église, dans la famille élargie, ou dans la société, le quartier, le regard porté sur la jeune femme ayant avorté peut être accusateur et source d’exclusion. Sur un forum, une femme disait que son avortement ne lui a coûté que 5 €, tout est pris en charge ! Cependant, si l’acte est gratuit pour la personne qui le demande, le coût, lui, est bien réel. Il s’élève entre 230 et 330 € dans les meilleures conditions. Sur cette base, les avortements coûtent chaque année à la France en moyenne 60 millions d’euros. En Martinique,  le coût moyen annuel des avortements s'élève à 737 880 €  dépensés chaque année pour pratiquer l’IVG.  

4. Conséquences Morales et spirituelles. Ne rabaissons pas la problématique aux seules statistiques. Il y a de véritables enjeux humains et individuels. Au travers de l’histoire de David, La Bible nous décrit les conséquences du rejet de l’enfant (dans sa vie personnelle, dans celle du premier fils de Bathsheba), et des conséquences dramatiques pour le parent. Toute la vie de David a été façonnée pour renverser la malédiction, jusqu’à la confrontation finale sur l’aire d’Ornan, le Jébusien (1 chron. 21:28) ; cette aire étant le même lieu ou Abraham proposa d'offrir son fils en sacrifice (2 chron. 3 :1), préfigurant le sacrifice de Jésus-Christ, le fils qui s’offrit afin que nous soyons libérés du poids de nos fautes. La promesse de Dieu est certaine : « Je ramènerai le cœur des pères à leurs enfants, afin que le pays ne soit pas entièrement détruit » (Ml 4.6). Nous pouvons être certains que si les hommes nous rejettent, Dieu, lui, nous pardonne, nous accueille et dessine un plan de restauration.

Foetus à 12 semaines

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Publié dans Société

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