Éducation

Vendredi 17 août 2007 5 17 /08 /Août /2007 05:25
L'intelligence existentielle au moyen-âge
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Notre descente s’accélère et nous jetons un regard au moyen-âge français pour parler de dualisme. René Nelli aborde la philosophie du catharisme[1]. Il désire dans son étude innover en présentant la philosophie du catharisme dans sa forme de dualisme absolu. Beaucoup de recherches ont été publiées en ce qui concerne le catharisme en tant que religion ou morale. Cependant, elles omettent qu'une véritable philosophie élaborée existait au sein de ce mouvement. Une question s'impose : En quoi le Catharisme mitigé n'est pas si éloigné du Catholicisme quant à sa philosophie ? Et alors ; c'est là l'intérêt de se pencher sur cette partie de l'histoire. Comment se fait t-il que ce groupe minoritaire ait été tellement persécuté, exclu de la société, exterminé, alors que le désir des ces bogomiles, ces gens du voyages, était une répartition de leur richesse pour venir en aide à ceux qui souffrent de l’exclusion ? Les historiens s'accordent pour dire que bien avant les persécutions des XVI et XVIIème siècles, l'une des raisons pour laquelle le sud de l'Europe a perdu de son élan et son rayonnement est la persécution contre ces marchands, ces tisserands, aux concepts et pratiques étranges.
Nous rejoignons, dans ce contre point historique l’interrogation d’Howard Gardner sur le « Good-Work » lorsqu’il pose comme question : « Comment se fait-il que certains individus qui désirent effectuer un travail de qualité (il s’agit de prendre en compte autant l’excellence que l’aspect des responsabilités sociales) réussissent là où d’autres échouent. Dans un contexte où les forces du marché et la recherche des bénéfices sont toujours plus grands, quelles sont les contre-forces capables d’influer notre société hypermoderne mondialisée ». Nous observons les faits et l’histoire avec un regard et une attention particulière. La raison est que nous sommes en présence d’un groupe minoritaire, communautariste qui dans sa sphère d’influence a très bien réussi son plan d’insertion et une cohésion à l’échelle européenne, et ceci au XIIIème siècle ! Ce groupe minoritaire a pu s’élever intellectuellement et économiquement[2] grâce à l’utilisation de cette intelligence existentielle par laquelle chacun, au niveau individuel était en mesure de se questionner sur le sens et l’origine des choses.
 
 
La croisade des Albigeois.
A la fin du XIIème siècle, l'Église résolut d'exterminer l'hérésie par la force. La lutte armée fut reconnue comme une croisade avec tous les avantages matériels et spirituels qui en découlent. Encadrés par des légats pontificaux, les petits seigneurs, venus surtout du nord de la France surpeuplée, se ruèrent à l'assaut des riches villes du Languedoc. Il y eut des atrocités[3]. Il fallut finalement l'intervention des rois de France pour venir à bout de la résistance des Albigeois. Le midi de la France se soumettait à l'ordre Capétien venu du nord. Cependant la croisade n'avait pas mis fin à l'hérésie. Pour combattre l'hérésie, l'Église eut alors recours à un organisme ecclésiastique qu'elle avait créé au cours de la croisade, le tribunal de l'inquisition, qui recherchait et jugeait les hérésies suivant des procédures d'exception. Quand les accusés étaient convaincus d'hérésie et refusaient d'abjurer, l'Église les abandonnait au bras séculier, c'est-à-dire aux autorités laïques qui étaient tenues de les châtier par le feu. Ainsi l'Inquisition multiplia les bûchers. Créer une instance représentative d'un mouvement au sein de l'Etat afin de contrôler d'éventuelles dérives n'est donc pas une innovation du XXIème siècle. C’est ainsi que cette forme d’utilisation de l’intelligence existentielle a pu être combattue à cette époque.
 
Les ordres mendiants.
Il était urgent pour l'Église d'intégrer le très puissant mouvement en faveur de la pauvreté, tout en favorisant des formes religieuses plus accessibles aux humbles. de plus, les nouveaux ordres n'avaient pu enrayer l'hérésie. Saint Bernard lui-même était venu prêcher en vain contre le catharisme à Albi en 1145. Dans les premières années du XIIIème siècle, deux hommes voulurent réagir à l'intérieur de l'Église, contre l'impuissance des anciens ordres. Saint Dominique par la prédication et François d'Assise par le pratique de la pauvreté absolue. Ils furent les fondateurs des deux principaux ordres mendiants[4]. Dominique de Guzman, né en 1170 d'une famille de petite noblesse de Castille, est un prêtre, chanoine d'Osman. Traversant avec son évêque le Languedoc en 1203, il constata l'extension prise par l'hérésie albigeoise que les cisterciens sont impuissants à enrayer. Il comprend que la force est inutile et décide de les convaincre par la vertu de l'exemple, en se faisant pauvre et par la force de la Parole : en se faisant prédicateur itinérant. François, quant à lui est fils d'un marchand d'Assise en Italie centrale. C'est un laïc. A 23 ans, en 1205, il ressent un appel à renoncer à la richesse et à la vie facile qu'il menait. Dès lors, seul, puis avec quelques compagnons, il va, prêchant, mendiant son pain et soignant les malades. Ainsi pour François la pauvreté est un but en soi alors que Dominique n'y voit qu'un moyen de forcer l'estime des hérétiques. La papauté s'inquiète, d'ailleurs bientôt des allures nouvelles de ces hommes qu'elle craignait de voir tomber comme tant d'autres hors de l'Église. Aussi les papes Innocent II et Honorius III se décidèrent finalement à adopter la règle des deux communautés. Cela n'apporta pas satisfaction à François qui aurait voulu conserver à son groupe le caractère d'une communauté laïque, sans vœu, ni règle. Cette absence d'organisation le rapprochait des sectes hérétiques. Il finit pas se soumettre, mais quitta Assise, et finira sa vie à l'écart du monde, fidèle à son idéal de pauvreté absolue. Sa mort, en 1226, va entraîner des divisions au sein de l'ordre. Une partie des franciscains se sépara au début du XIIIème siècle de l'Église romaine, annonçant l'avènement d'une Église purifiée. Ce furent les « Spirituels » qui se multiplièrent au Languedoc et en Italie Centrale. Pourchassés par l'Inquisition, ils continuèrent au XIVème siècle la résistance sous le nom de « Fratricelles ».
 

[1] René Nelli, « Le dualisme radical au XIIIème siècle », Éditions: Éditions Payot, Paris 1988, 19751 (Collection : Bibliothèque philosophique Payot). 199 pp.
 
[2] Les spécialistes attribuent aux cathares une vulgarisation des textes religieux, la mise en place de structures de formation intellectuelle et un réseau économique d’entraide.
[3] le sac de Béziers en 1209.
 
[4] Les frères prêcheurs ou Dominicains, et les frères mineurs, ou Franciscains.
Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /Août /2007 23:08
Aux sources de l’insertion et de l’intégration.
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(platon)
Dans cet article, nous opérerons comme un parachutiste qui amorce sa descente en chute libre très rapidement puis, ouvrant notre parachute à l’époque souhaitée, nous ralentirons notre descente pour observer de haut le paysage dans son ensemble. C’est ainsi que pour la singularité de notre étude, deux faits nous semblent particulièrement dignes d’un intérêt notable. Tout d’abord nous remonterons aux sources de l’antiquité pour noter ce que Platon, dans la République préconisait
. 

Dans notre prochain article, nous contournerons Saint Augustin. Ce n’est pas un oubli mais un choix. En effet, les conséquences de ses écrits et de son parcours manichéen
[1] vont se retrouver dans la spécificité moyenâgeuse du Sud de la France et au centre de l’Europe. C'est pourquoi le dualisme radical tel que la philosophie cathare l’a énoncé nous paraît un détour indispensable à notre étude. Pour aborder l'origine européenne des dispositifs d'insertion, il est important de plonger dans les sources historiques des institutions sociales, telle que l'Hôtel-Dieu. D'inspiration charitable, l'Hôtel-Dieuacceptait tout le monde. Lépreux, voyageurs, femmes enceintes, enfants abandonnés, pauvres, vieillards, blessés ou malades étaient tous admis[2].
 
a. Survol de l’antiquité.
i. Le gouvernement juste selon la vérité.
Platon, dans son ouvrage « La république »[3] au livre V, parle du gouvernement de la cité juste (449a - 541b). Il essaye dans un premier temps de délimiter les différentes catégories (femmes, homme et enfants) leurs rôles en tant que garants de la cité.
Platon présente l'état actuel de la cité et pose la question de savoir qui doit, en fin de compte gouverner la cité. Il faut établir les philosophes comme gardiens de l'état (484). Les responsables actuels sont comparés à des aveugles, or c'est à ceux qui ont la vue perçante que revient le droit d'être à la tête de la cité. Les philosophes sont épris de science et donc, n'aiment pas le mensonge. Ils sont sincères, (Platon, par ces mots signifie qu’ils sont crédibles, vrais). Ce sont des gens nobles, non-grossiers, ils ne craignent pas la mort. Justes et doux, ils ont des facilités à étudier grâce à leur bonne mémoire. En conclusion, comme ils sont « perfectionnés par l'éducation et l'expérience » (487a), il faut leur confier l'état[4]. En d’autres termes, l’utilisation de l’intelligence existentielle pour le gouvernement de la cité. Il est question ici du fondement originel sur lequel est fondée l’organisation de la cité. Ces principes de base interpellent notre société moderne quant aux intelligences, une sagesse à concevoir une pensée aboutissant à des résultats pour les politiques, les juridiques, les institutions socio-économiques et, en ce qui concerne la spécificité de notre étude l’insertion sociale qui empruntela vision protestante laïque[5].
Certains objecteront alors à Socrate que sa démarche est perverse et que le philosophe n'est bon que pour un temps. S'il utilise sa méthode pour gouverner l'état, ce dernier ne tardera pas à devenir un chaos[6]. Notre propos ici, estqu'il existe bien - et c'est ce qu'on découvre en lisant parallèlement le « mythe de la caverne » qui présente un perpétuel renouvellement de chaque instant – une illumination dans le rapport à l'autre, un inter-échange.
 
ii. La république et la poésie.
Dans les sections 595a à 621b ; Platon nous introduit en poésie. Il prend donc un temps particulier à poser l’importance culturelle dans le maintien de l’ordre républicain. Ce serait donc un tortde négliger une telle réflexion pour notre société postmoderne. Il commence en parlant de la forme, de la matière et du créateur. L'exemple du lit est pris. Il existe trois échelons:
- un échelon qui parle du concept qui existe dans la nature des choses (nous parlerons du concept),
- un échelon qui existe dans son unité (nous parlerons de l'objet),
- un échelon qui existe dans sa représentation (exemple : une peinture).
 
Si seul le premier est ontologique, les deux autres sont successivement des reproductions. La reproduction, l'imitation est nécessaire pour préserver l'unité. Dans ce cas, en bas de l'échelle, le peintre n'est ni ouvrier, ni créateur, mais imitateur. Il en est de même pour la tragédie poétique qui prétend aborder tout sujet. Ce n'est qu'imitation[7]. Laissons-nous aller à la paraphrase en prenant l'exemple de la chaise. Derrière ce mot existe une idée. L'idée est forte, car si je détruis toutes les chaises qui existent sur la planète, l'idée du concept de la chaise me permettra d'en reconstruire. Par contre, si je détruis jusqu'au concept de la chaise, rien ne subsiste pour que je puisse en reconstruire. La science qui manie plusieurs dimensions (603) sert de test à l'imitation : n'y a t-il que sous un seul angle que la pseudo réalité existe ?[8]. Le mal, s'imite facilement et pas le bien d'où les mauvaises choses dans la poésie. La faute la plus grave de la poésie dramatique (605) c'est qu'elle pousse au mal. Platon pousse donc chacun à ce que les penseurs chrétiens du premier siècle appelleront (ce que l’on retrouve plus précisément dans les ouvrages des apôtres Saint Jean et Saint Paul) une « métanoïa », un changement de mentalité… opéré par un engendrement. Une « nouvelle naissance ».


[1] Il fut en effet disciple de Manès pendant une période de sa vie.
[2] Frères Franciscains et Dominicains.
 
[3] Platon, œuvres complètes, T. VII, 1° partie (livre V) et Livre X, Éditions: Les belles lettres, Paris 1989.
 
[4] On croirait presque lire une lettre de motivation mettant en lumière le parcours scolaire et professionnel d'un candidat.
 
[5] Jean Baubérot, « La laïcité quel héritage ? de 1789 à nos jours », Éd. Labor et Fidès, Genève, 1990, p. 22.
 
[6] Eric Denimal, ancien directeur du ‘christianisme au XXème siècle, lors de commentaires sur la philosophie Hégélienne en 1990, parodiait le fameux « Thèse-Antithèse-Synthèse » par « Thèse-Antithèse-Foutaise », critiquant ainsi l’interprétation et mise en pratique Hitlérienne de cette philosophie.
 
[7] On pourrait résumer par le proverbe populaire : « l'habit ne fait pas le moine ».
 
[8] C'est intéressant car on peut alors apporter un concept d'idée-vérité complexe (dans le sens opposé à simplex) à savoir qu'un fait vrai peut être relativisé.
 
Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Lundi 30 juillet 2007 1 30 /07 /Juil /2007 14:33
Habituellement, lorsqu’on parle d’intelligence, le terme est employé au singulier. Les recherches d’Howard Gardner ont démontré que ce concept d’intelligence générale des psychologues classiques n’existe pas. Selon lui, il existe « des » intelligences. Ce point de vue est riche de conséquences potentielles pour l’enseignement.
Selon l'approche classique, l'intelligence serait une faculté unique et générale, mesurable par les fameux tests du QI, grâce à des tests. Rapidement, le pas a été franchi pour démontrer que ces tests refléteraient la hiérarchie des destins scolaires, professionnels et sociaux. Or, évaluer chaque individu isolément sur quelques compétences hors contexte n'est plus crédible au regard de la science, comme au regard des besoins de notre société postmoderne hyper technologique.
Howard Gardner a su formuler la théorie de « l'intelligence au pluriel ». Il occupe plusieurs postes tels que « professeur en cognition et en éducation » à Harvard, « professeur de psychologie », « professeur de neurologie » à la faculté de médecine de Boston. En outre, il est co-président du comité de pilotage du « Projet Zéro » et l’un des fondateurs du projet « Good-Work ». L’utilisation des intelligences multiples est en train de trouver une application toute spécifique dans le monde du travail, comme le souligne Daniel Goleman[1].
Selon Gardner, il n'y a pas une forme unique d'intelligence mais plusieurs formes dont nous sommes tous dotés dans des proportions extrêmement variables comme le montre la grande variété des profils individuels. A ce jours, il a pu observé et définir neuf formes d’intelligence auxquelles certains associent des personnes célèbres.
·        L'intelligence logico-mathématique, qui détermine la vitesse à laquelle on peut résoudre un problème numérique ou logique. Surexploitée par les mathématiciens, joueurs d'échecs (Albert Einstein),
 
·        L'intelligence linguistique (ou verbale), fréquente chez les politiciens, écrivains, poètes, grâce à laquelle on peut construire des phrases, avoir le sens de la rime, convaincre et persuader les autres (Thomas Steams Eliot),
 
·        L'intelligence intrapersonnelle, qui désigne la capacité qu'on a à avoir un regard critique sur soi-même, juger de ses limites, comprendre ses réactions. La faculté de se connaître soi-même (Sigmund Freud),
 
·        L'intelligence interpersonnelle, grâce à laquelle on peut deviner les réactions de son entourage. Elle permet de comprendre les autre (Gandhi),
 
·        L'intelligence visuo-spatiale, qui permet de manipuler des objets tri-dimensionnels dans sa tête. Elle est exploitée notamment par les architectes, géographes, artistes (Pablo Picasso),
 
·        L'intelligence naturaliste, qui permet de classer les objets, et de les différencier en catégories. Très sollicitée chez les zoologistes, botanistes, archéologues (Charles Darwin),
 
·        L'intelligence musicale, qui juge la hauteur, la tonalité des sons, le rythme et la mélodie d'une musique. Exploitée surtout par les musiciens, compositeurs, (Mozart),
 
·        L'intelligence kinesthésique, qui est responsable de tout ce qui a trait aux travaux gestuels... développée chez les sportifs, mimes (le mime Marceau), mais aussi ceux qui pratiquent un travail de minutie comme les chirurgiens,
 
·        L’intelligence existentielle ou spirituelle et qui se définit par l’aptitude à se questionner sur le sens et l’origine des choses (Churchill).
 
Lors de l’interview donnée sur Radio-Canada le 14 janvier 2001, Gardner affirme qu’  «  A priori, aucune forme d'intelligence n'est plus fondamentale que d'autres. Si vous vous estimez que certaines le sont, cela ne fait que refléter votre propre système de valeurs ».Nous sommes interpellés par cette classification qui en bien des éléments, retrace l’observation faite par l’apôtre Paul[2] dans la présentation qu’il fait de ce qu’il appelle des « dons », des capacités, au nombre de neuf qu’il est possible de faire correspondre avec l’observation d’Howard Gardner.

LA SAGESSE                       INTRAPERSONNELLE

LA CONNAISSANCE............. LOGICOMATHEMATIQUE

LE DISCERNEMENT............. INTERPERSONNEL

L’INTERPRETATION............ MUSICALE

LE PARLER EN LANGUES........ LINGUISTIQUE

LA GUERISON...................... KINESTHESIQUE

LES MIRACLES.......................NATURALISTE

LA FOI................................. EXISTENTIELLE

LA PROPHETIE....................... VISIO-SPACIALE
 
L’intelligence existentielle ou spirituelle se définit donc par l’aptitude à se questionner sur le sens et l’origine des choses. C’est la capacité à penser nos origines et notre destinée. Cette intelligencespirituelle, existentielle ou morale est encore définit comme l’ aptitude à se situer par rapport aux limites cosmiques (l'infiniment grand et l'infiniment petit) ou à édicter des règles ou des comportements en rapport aux domaines de la vie[3]. C’est donc au regard de cet analyseur que nous pourrons définir les spécificités des structures confessionnelles d’insertions.
Cependant, avant d’entrer au cœur de cette analyse, il s’agira pour nous de procéder à un rapprochement en pratiquant un contre point historique. En effet, nous venons de voir une correspondance entre ce qu’il convient d’appeler un philosophe de l’antiquité en la personne de Saint Paul. S’il a vivement contribué à fixer les paramètres de notre société occidentale par l’établissement du dogme et de l’éthique chrétienne, c’est certainement dans son arrière plan philosophique que nous puiserons afin d’observer l’utilisation de cette intelligence existentielle.
 

[1] Daniel Goleman, « L’intelligence émotionnelle au travail », Editions village mondial, Zug (suisse) 2005, 360 p.
[2] Saint-Paul, « Première épitre aux Corinthiens », chapitre 12.
[3] Olivier Oudé, « L'intelligence : un concept hors mesure » dans le Figaro, le 18 juin 2005.
 
Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /Juil /2007 14:18
Et si Jésus, aujourd'hui, devait choisir 12 apôtres, en faisant appel à nos méthodes modernes de recrutement... qu'en serait-il ? Vous trouverez, çi dessous, la synthèse du cabinet qui a procédé à l'évaluation psychotechnique...

H & A CONSEILS
Recrutements
&
Compétences
                                                    
Jérusalem, le 27 juillet 07
                                    Monsieur CHRIST Jésus
                                                  Menuiserie Charpentage 
                                                 « Joseph S.A. »
                                                           98012 Nazareth  
 
 
Cher Monsieur Christ,

Merci de nous avoir confiés les curriculum vitae des douze hommes que vous avez choisis pour leur confier des postes de responsabilités dans votre nouvelle organisation. A présent, tous ont subi une série impressionnante de tests psychotechniques, les résultats ont été traités par ordinateur, et, pour chacun, nous avons en outre organisé un entretien individuel personnalisé avec notre psychologue et consultant en aptitudes pour le ministère.

Notre cabinet est arrivé à la conclusion que la plupart de vos candidats manquent d'expérience, qu'ils n'ont guère de formation et peu d'aptitudes pour le genre d'entreprise dans laquelle vous comptez vous lancer. Ils n'ont pas l'esprit d'équipe. Nous vous recommandons donc de continuer vos recherches en vue de découvrir des candidats qui aient de l'expérience dans la gestion des affaires et qui aient prouvé leurs compétences.


Simon Pierre est un instable émotionnel, en proie à des sautes d'humeur,  André n'a vraiment aucun don pour assumer des responsabilités. Les deux frères Jacques et Jean, les fils de Zébédée, placent leur intérêt personnel au-dessus du dévouement envers la société. Thomas a tendance à discutailler, ce qui ne pourrait que freiner l'enthousiasme de l'ensemble de l'équipe.

Nous nous voyons dans l'obligation de vous faire savoir que Matthieu figure sur la liste noire de la "Grande Commission de Jérusalem pour l'honnêteté dans les affaires". Jacques, fils d'Alphée, et Thadée ont indéniablement une tendance à la radicalisation, et tous deux ont atteint un score élevé sur l'échelle maniaco-dépressive.

Toutefois, un des candidats a de grandes possibilités…. Il est capable et imaginatif, a le contact facile et un sens développé des affaires, il ne manque pas de relations avec les personnalités haut placées.

Nous vous conseillons de prendre Judas Iscariote comme votre administrateur et bras droit. Il est motivé, ambitieux et n'a pas peur des responsabilités. Les autres profils ne demandent pas de commentaires.

Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans votre nouvelle aventure.

Meilleures salutations.
 
P. N.,
Gérant du Cabinet H et A
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Jeudi 26 juillet 2007 4 26 /07 /Juil /2007 01:03

« LA KINESIOLOGIE » 
Extraits des magazines  « l’avènement, concepts femme, campus pour christ » Décembre 1999

jesus.jpg De nos jours, les adeptes de la sorcelerie ne revêtent plus des chapeaux pointus, n'enfourchent pas de balais et n'ont plus de baguette magique (sauf peut être pour les fans d'Harry Potter ! ) Ils ont troqué leurs accessoires contre des blouses blanches, sont diplômés, et proposent des remèdes portant des noms les plus étranges les uns que les autres. 
Dans cet article, issu des travaux de Hanspeter Nüesch, nous verront comment certaines méthodes des plus discutables sont appliquées, de nos jours, au sein de nos écoles. 


La kinésiologie au service de la pédagogie.
 De nombreux parents s'inquiètent, à juste titre, du fait que leurs enfants doivent faire des exercices de kinésiologie à l'école. En effet, cette pratique est de plus en plus utilisée par les enseignants, formés à la kinésiologie durant leurs cours de perfectionnement. La pédagogie curative s'en sert pour débloquer les élèves qui rencontre des difficultés d’apprentissage. C'est en 1980 que l’Américain Paul Dennison a développé l’application pédagogique de la kinésiologie. Celle-ci vise à rééquilibrer le flux énergétique et à relier les deux moitiés du cerveau grâce à certains mouvements (écrire un huit, avec les bras, exercices auditifs, mouvements croisés). Cette pratique s'appelle aussi « brain-gym », c’est-à-dire gymnastique du cerveau. Améliorer la communication entre les deux moitiés du cerveau à pour conséquence de diminuer les difficultés de concentration et d'apprentissage. Les élèves seraient ainsi capables d'enregistrer plus facilement des connaissances nouvelles. Ils seraient aussi moins agressifs et moins angoissés. la kinésiologie éducative n’est donc pas considérée comme un moyen de guérison, mais plutôt comme une mesure de prévention Résultats positifs. oui mais... Il est évident que les exercices proposés aux enfants, de même que l’attention qu'on leur accorde par ce biais, ont des effets positifs. Les élèves apprennent à mieux écouter les signaux de leur corps. deviennent plus sensibles et plus Leur capacité d'apprentissage augmente. Mais ce qui pose problème dans la kinésiologie éducative, c’est, la conception du monde de Paul Dennison. Beaucoup de kinésiologues, dont des chrétiens engagés, ignorent l'arrière-plan spirituel sur lequel ce système est fondé. Dans son livre « Voies libérées », P. Dennison explique qu'il a investi des centaines d'heures à utiliser des méthodes comme le « structural patterning », l'autohypnose, le yoga etc. Chacune de ces pratiques a contribué un peu au succès: « Ma tenue corporelle, ma posture pour laquelle je reçois des compliments actuellement est le fruit d'une longue recherche jusqu'à ce que je commence à comprendre et à contrôler les énergies ... Qu'on les appelle chi, prana, énergie cosmique ou amour, on croit à leur existence, mais Peu de personnes les ont ressenties et appliquées avec succès ». 


Comment, réagir concrètement en tant que parents ? 
Si mes enfants recevaient un soutien kinésiologique à l'école, j'irais en premier lieu voir la personne responsable et la remercierais pour son engagement en faveur des enfants. Car aider un enfant à surmonter ses blocages et à augmenter ses capacités de perception est une intention louable. De plus. les effets positifs des exercices et mouvements de la kinésiologie sont indéniables. Ensuite, je demanderais à la personne ce qu’elle fait exactement avec les enfants. S'il est évident que ses Pratiques sont ésotériques. je l'y rendrais attentive et lui présenterais la vie chrétienne dans la puissance du Saint-Esprit. Si elle maintient sa position et veut continuer dans l'ésotérisme. j'irai voir la direction de l'école. lui remettrais de la documentation, et demanderais que mon enfant soit dispensé des leçons de kinésiologie. Normalement la direction accepte ce genre de dispense. Dans le cas contraire, je placerais mon enfant sous la protection du sang de Christ. Nous n'avons pas à nous inquiéter. La prière au nom de Jésus est plus puissance que toutes les forces qui se cachent derrière l'ésotérisme.

Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Jeudi 19 juillet 2007 4 19 /07 /Juil /2007 14:12
Intégration ou insertion ? Quelques précisions.

Dans la conclusion de son ouvrage, La République, les Religions et l’Espérance[1], Nicolas Sarkozy, ministre des cultes nous rappelle ceci :

photo-officielle.jpg « Réaffirmer le bien-fondé et l'importance du principe de laïcité de la République ne doit pas être un alibi pour ne pas répondre aux attentes de certains de nos concitoyens. C'est même exactement l'inverse puisque la laïcité, c'est le droit de croire et de pratiquer sa religion de manière libre, publique et égale pour tous les cultes. La commission Stasi a soulevé des points importants : la question de l'intégration et des discriminations, les agressions racistes et antisémites, la prise en compte des impératifs religieux dans le domaine funéraire, l'introduction de la colonisation, de la décolonisation et de l'esclavage dans les programmes scolaires, le recrutement d'aumôniers musulmans... Il faut honorer cette commande ».
 
Nous convenons qu'en sociologie, l'intégration est définie comme un processus ethnologique durant lequel une personne initialement étrangère devient membre (s'intègre) dans une communauté. Admettons que cela peut s'appliquer également à un facteur confessionnel. L'intégration est opposée au communautarisme. Il est différent de l'assimilation puisqu'il ne s'agit pas de « mouler » l'individu dans un modèle social unique, mais de trouver dans le cadre public un consensus entre les différentes cultures. Mais qu'en est-il en terme d'insertion ? Intégrer, est-ce insérer ? Quel postulat pouvons nous faire en regardant, par exemple le modèle britannique qui mise sur le communautarisme pour favoriser l'insertion. Le communautarisme confessionnel fait en effet partie intégrante des espaces de discussionspour une démocratie de quartier, par exemple.
Quelle est donc la place des institutions confessionnelles en Martinique dans le paysage social ? Trois courants de pensées apportent une définition de ce que doit être, selon eux, une institution confessionnelle. Un courant que nous qualifierons d’hygiéniste, qui prétend que « ce dont nous avons besoin, c’est avant toutd’être social »[2]. Pour eux, le fondement et le fonctionnement des structures devraient avoir comme base ses dimensions relationnelles. Bien sûr, il y a du vrai dans cette approche, mais d’autres, s'appuient sur la dimension de l’éthique protestante et répondent que la vocation confessionnelle d’une structure est bien plus que la seule prise en compte de l’aspect social. Selon ce courant, l’organisation de toute structure confessionnelle peut être décrite par la façon dont elle interagit vis-à-vis du monde et de la société. C’est un régulateur moral de ce monde qui manque de communication et de valeurs. Le docteur Terry L. Gyer porte un jugement idéologique sur ce deuxième axe en prétendant que les dirigeants de ces structures sont « colorés d’une étonnante capacité à administrer les structures confessionnelles sur le modèle du système technocratique fonctionnant sur lui-même, servant à leurs membres une bouillie édulcorée aux teintes ‘philosophico-religieuses’ »[3].
A cela, nous devons aussi ajouter un troisième courant de pensée. certains enseignants-chercheurs revendiquent la pertinence de leurs structures.Le président d'une des plus importante fédération confessionnelle de la Martinique nous confiait les propos suivants : « Il fut un temps où la Martinique avait besoin que des gens de l'extérieur viennent apporter un enseignement, mais à présent, nous sommes équilibrés et au centre du message biblique pour la société et avons nul besoin que qui que ce soit nous apporte quoi que ce soit ». La véritable question est quelle procédure et quelles sources pouvons nous utiliser pour déterminer une définition adéquate des structures confessionnelles d'insertion?
 
L’important pour nous, en tant que chercheur, est de faire le constat que des structures laïques et confessionnelles existent sur le champ de l’insertion. C'est ce constat qui nous permet de poser notre problème en respectant une neutralité dans l’approche de notre sujet. Aussi, selon quels critères pouvons-nous définir les relations entre la société et structures confessionnelles qui, rappelons-le, font partie intégrante de cette société ? Pour cristalliser plus précisément le sujet qui nous intéresse, quelles-sont les complémentarités possibles ou impossibles entre les structures nationales, régionales et des structures confessionnelles dans le contexte particulier de la Martinique pour l'insertion ? 

Toute œuvre confessante est invitée à considérer les deux volets de ses convictions. Certes, une dimension idéologique, mais aussi une dimension sociale. Dans le contexte Martiniquais, il est particulièrement important que ces idéologies soient traduites en action. Les structures, les responsables et les usagers des structures d'insertion confessionnelles religieuses doivent se rappeler qu’elles évoluent dans le concept d'une société laïque.
 

[1] Nicolas Sarkozy, « La République, les Religions et l’Espérance », Le Cerf, Paris 2004, 210 p.
 
[2] Propos recueilli sur les ondes de la radio « fm-espoir » dans l'émission entre-nous du lundi 16 janvier 2006.
 
[3] Traduction libre de T.L. Gyger, “Handbook for Church growth”, Ed. Ministries In Action, Coral Gables, 1983, p. 13.
Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /Juil /2007 01:50
Les Intelligences Multiples...

livre-howard-gardner.jpg Un titre qui semble bien insolite ! Nouveau jour, nouvel article, nouvelle catégorie. Au cours des semaines qui vont suivre, nous allons aborder un sujet qui me tient particulièrement à coeur, sur les faits de société, et le croisement interdisciplinaire qu'il nous est possible d'observer, depuis quelques temps déjà. N'hesitez pas à me faire part de vos remarques et suggestions, elles seront les bienvenues !



(pour plus d'info, cliquez sur l'image du livre)

Attiré par un article parlant « d’intelligence existentielle », l’Institut Pontifical de Rome se décide d’accueillir, le dimanche 9 novembre 2003, en la personne d’Howard Gardner, les idées nouvelles sur les intelligences multiples. Le désir de l’Institut Pontifical était de mieux comprendre ce que certains protagonistes appelaient « l’intelligence existentielle » ou encore « l’intelligence spirituelle ». Un processus s’est alors enclenché et a donné naissance à une réflexion scientifique croisée. En contre partie, l’Université d’Harvard se décidait de faire bon accueil aux équipes de chercheurs en provenance de Rome se décidant de mettre sur pied, ensemble, une stratégie éducative qui a donné une dynamique au « projet Good-Work ». Dès 1995, Mihaly Csikzentmihalyi, William Damon, et Howard Gardner, les trois principaux investigateurs, s’embarquent sur une étude ambitieuse de « Good-Work » dans le domaine de la vie professionnelle. Il s’agit d’étudier le travail et de prendre en compte autant l’excellence que l’aspect des responsabilités sociales. Il est donc question d’éthique et d’efficacité.
La question posée est la suivante : Comment se fait-il que certains individus qui désirent effectuer un travail de qualité (il s’agit de prendre en compte autant l’excellence que l’aspect des responsabilités sociales) réussissent là où d’autres échouent ? Dans un contexte où les forces du marché et la recherche des bénéfices sont toujours plus grandes, quelles sont les contre-forces capables d’influer notre société hypermoderne mondialisée ? Au lieu de se tourner vers un concept, Howard Gardner s’est tourné vers l’humain en proposant, dans la continuité de ses études sur les multiples intelligences, d’identifier l’intelligence existentielle.
A cette même période, en France et en Europe, on tente de redynamiser le cadre institutionnel par les notions d’efficience et d’efficacité qui s’illustreront notamment par la mise sur pied de la Loi Organique relative aux Lois de Finance. Loi à propos de laquelle les acteurs sociaux s’accordent pour dire l’importance d’y apporter quelques correcteurs au visage humain. Cependant, et plus encore en Martinique, il est fait le dramatique constat des difficultés qu’ont les structures d’insertion de mutualiser leurs énergies et compétences pour pleinement accomplir leur tâche.
Koïtchiro Matsuura, directeur général de l’UNESCO saluait en octobre 2006 l’ingéniosité française dans la mise sur pied de l’ANSP. Notre société postmoderne a vu, lors de ces dernières décennies, une accélération dans les découvertes technologiques. Le nouveau paysage économique révolutionne le bon vieux système de pensée de l’emploi. Après la Deuxième guerre mondiale, il était normal de dresser un plan de carrière et de rester tout au long de sa vie au sein de la même entreprise. La crise de 1975-76 a même accentué cette idée reçue. Et pendant trente années, les gouvernements successifs, les individus ont tout fait pour que les emplois soient préservés. L’employé faisait tout pour garder son emploi et rester dans sa branche professionnelle. Si des dispositifs de reclassement professionnels ont pu efficacement être élaboré, ils visaient à permettre au bénéficiaire de retrouver un travail en utilisant le transfert de compétences, mais sans forcément prendre un compte tout les aspects de sa vie.
Ces dispositifs ont le bénéfice de regarder à la technicité, mais, ont rarement tenu compte des aspects émotionnels et psychologiques et du lot de difficultés que l’ex-employé rencontre. Dès lors, nous sommes, en tant qu’ingénieur social, appelés à réécrire la problématique de la conversion professionnelle au regard de ce que Daniel Goleman, quant à lui appelle « l’intelligence émotionnelle ».
 
Quelle problématique ?
Qu’en est-il a présent pour notre société insulaire ? Tous les observateurs et décideurs s’accordent pour proclamer la prochaine mort de « Madame Banane » et de « Monsieur Canne ». Mais est-il prévu un accompagnement pour passer ce cap, au niveau émotionnel ? Avons-nous bien pensé cette problématique qui, au niveau régional n’épargne aucune famille ? C’est pourquoi nous nous proposons d’apporter une réflexion sur le rôle de ces passeurs sociaux vers l’autre monde du travail. Nous devons recentrer notre attention sur le sujet qui doit être au bénéfice de ces dispositifs, et ceci dans tout les domaines de sa vie personnelle et sociale. Mutualiser nos compétences, en tant qu’acteurs sociaux n’est donc pas une option. Cela devient une nécessité. C’est dans ce contexte qu’est né un constat :
Les structures, les responsables et les usagers des structures d'insertion confessionnelles évoluent dans le concept d'une société laïque. Deux systèmes existent et coexistent : quelle peut en être la complémentarité ? Si le christianisme social est sensé participer au maintien de la paix social, Qu'est ce que le domaine confessionnel peut apporter en plus à la problématique de l'insertion. C'est-à-dire pourquoi des personnes vont plus se tourner vers le circuit caritatif que vers les organismes tels que « mission locale ». Qu'est-ce que les gens pensent ou ont trouvé dans cette approche qu'ils n'ont pas trouvé dans les dispositifs nationaux ou territoriaux ?

D'un aspect théorique ; fondamental ; cette socialisation informelle qui est défendeur (porteur) de valeurs nécessite une analyse scientifique. C'est pourquoi, la semaine prochaine, il nous faudra, dans un premier temps, présenter la démarche épistémologique que nous allons employer, ainsi qu'apporter des précisions préalables sur quelques termes que nous allons employer.

Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /Juin /2007 01:09
Éducation libérale ou 
communication culturelle…

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Dans la revue « commentaire » du mois de décembre 2006
[1], Marc FUMAROLI nous parle d’éducation et de formation. Nous sommes devant une problématique qui soulève 4 questions :



1/ Le fondement ontologique et anthropologique de l’éducation en modernité (onto-anthropologique).
 
2/ Quels sens les modernes accordent-ils au concept de l’éducation ? (En d’autres termes, quelles acceptions ou préférences).
 
3/ Qu’est-ce que transmettre ?
 
4/ La finalité de la transmission (savoir-faire, savoir-être[2]), s’agit-il de former des citoyens modèles ?
 
   Marc Fumaroli défend, dans son article, l’idée selon laquelle les écrits classiques sont marginalisés au profit d’une culture « fast-food », dirons-nous, véhiculée par les média de l’audiovisuel et de la communication (télévision, musique, internet, téléphones cellulaires).
   Nous pouvons nous interroger afin de savoir si la problématique se situe bien au niveau de l’intelligence littéraire. À différentes époques, l’engouement pour tel ou tel vecteur du savoir est plus ou moins nettement souligné. A notre époque, on entend parler de plus en plus fréquemment de l’écriture : l’e-criture. Il s’agit donc de créer une passerelle entre l’intelligence littéraire et l’audio-visuel. L’homme moderne, hyper technologique est-il incapable de faire un lien ? C’est à croire que, la littérature et l’audiovisuel ne se rencontrent que si elles s’écartent des sentiers battus. Leur coexistence ne va pas, ni sans conflits, ni sans passions. L’écriture n’est pas seulement un objet d’étude pour l’audiovisuel, et « Wikipédia » n’a pas la clef des œuvres littéraires, même si elle aide à les comprendre. Le postulat que nous pourrions émettre est qu’Internet, les média de communication en général, et les écrits classiques suscitent des transferts basés sur la supposition d’un savoir à l’autre qui peuvent animer le travail de toute une vie.
   Dans son paragraphe traitant de la révolution culturelle et communicationnelle, Marc Fumaroli traite du rapport entre l’éducation et le conformisme culturel. Il prône l’idée selon laquelle l’éducation permet de sortir de la barbarie. Nous pourrions critiquer cette penser en retournant cet argumentaire en soulignant, comme le fait Jean-Christophe Ruffin que les nouveaux barbares sont maintenus dans cet état par le critère des classes.    
   C’est pourquoi, il est fortement improbable d’adhérer à l’idée d’un renversement de priorité
telle qu’il la définit dans sa conclusion. 

Soyez assurés que nous développerons ce sujet, dans une prochaine étude liée à la catégorie "éducation" !
 

[1] FUMAROLI, Marc, « Éducation libérale ou communication culturelle ? », commentaire, 2006-12, n°116, pp 893-901.
[2] Le savoir-faire – savoir-être, se définissent par le concept de téléologie.
Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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