Les intelligences multiples (suite et fin)

Publié le par Pasteur Christophe Deville

Habituellement, lorsqu’on parle d’intelligence, le terme est employé au singulier. Les recherches d’Howard Gardner ont démontré que ce concept d’intelligence générale des psychologues classiques n’existe pas. Selon lui, il existe « des » intelligences. Ce point de vue est riche de conséquences potentielles pour l’enseignement.
Selon l'approche classique, l'intelligence serait une faculté unique et générale, mesurable par les fameux tests du QI, grâce à des tests. Rapidement, le pas a été franchi pour démontrer que ces tests refléteraient la hiérarchie des destins scolaires, professionnels et sociaux. Or, évaluer chaque individu isolément sur quelques compétences hors contexte n'est plus crédible au regard de la science, comme au regard des besoins de notre société postmoderne hyper technologique.
Howard Gardner a su formuler la théorie de « l'intelligence au pluriel ». Il occupe plusieurs postes tels que « professeur en cognition et en éducation » à Harvard, « professeur de psychologie », « professeur de neurologie » à la faculté de médecine de Boston. En outre, il est co-président du comité de pilotage du « Projet Zéro » et l’un des fondateurs du projet « Good-Work ». L’utilisation des intelligences multiples est en train de trouver une application toute spécifique dans le monde du travail, comme le souligne Daniel Goleman[1].
Selon Gardner, il n'y a pas une forme unique d'intelligence mais plusieurs formes dont nous sommes tous dotés dans des proportions extrêmement variables comme le montre la grande variété des profils individuels. A ce jours, il a pu observé et définir neuf formes d’intelligence auxquelles certains associent des personnes célèbres.
·        L'intelligence logico-mathématique, qui détermine la vitesse à laquelle on peut résoudre un problème numérique ou logique. Surexploitée par les mathématiciens, joueurs d'échecs (Albert Einstein),
 
·        L'intelligence linguistique (ou verbale), fréquente chez les politiciens, écrivains, poètes, grâce à laquelle on peut construire des phrases, avoir le sens de la rime, convaincre et persuader les autres (Thomas Steams Eliot),
 
·        L'intelligence intrapersonnelle, qui désigne la capacité qu'on a à avoir un regard critique sur soi-même, juger de ses limites, comprendre ses réactions. La faculté de se connaître soi-même (Sigmund Freud),
 
·        L'intelligence interpersonnelle, grâce à laquelle on peut deviner les réactions de son entourage. Elle permet de comprendre les autre (Gandhi),
 
·        L'intelligence visuo-spatiale, qui permet de manipuler des objets tri-dimensionnels dans sa tête. Elle est exploitée notamment par les architectes, géographes, artistes (Pablo Picasso),
 
·        L'intelligence naturaliste, qui permet de classer les objets, et de les différencier en catégories. Très sollicitée chez les zoologistes, botanistes, archéologues (Charles Darwin),
 
·        L'intelligence musicale, qui juge la hauteur, la tonalité des sons, le rythme et la mélodie d'une musique. Exploitée surtout par les musiciens, compositeurs, (Mozart),
 
·        L'intelligence kinesthésique, qui est responsable de tout ce qui a trait aux travaux gestuels... développée chez les sportifs, mimes (le mime Marceau), mais aussi ceux qui pratiquent un travail de minutie comme les chirurgiens,
 
·        L’intelligence existentielle ou spirituelle et qui se définit par l’aptitude à se questionner sur le sens et l’origine des choses (Churchill).
 
Lors de l’interview donnée sur Radio-Canada le 14 janvier 2001, Gardner affirme qu’  «  A priori, aucune forme d'intelligence n'est plus fondamentale que d'autres. Si vous vous estimez que certaines le sont, cela ne fait que refléter votre propre système de valeurs ».Nous sommes interpellés par cette classification qui en bien des éléments, retrace l’observation faite par l’apôtre Paul[2] dans la présentation qu’il fait de ce qu’il appelle des « dons », des capacités, au nombre de neuf qu’il est possible de faire correspondre avec l’observation d’Howard Gardner.

LA SAGESSE                       INTRAPERSONNELLE

LA CONNAISSANCE............. LOGICOMATHEMATIQUE

LE DISCERNEMENT............. INTERPERSONNEL

L’INTERPRETATION............ MUSICALE

LE PARLER EN LANGUES........ LINGUISTIQUE

LA GUERISON...................... KINESTHESIQUE

LES MIRACLES.......................NATURALISTE

LA FOI................................. EXISTENTIELLE

LA PROPHETIE....................... VISIO-SPACIALE
 
L’intelligence existentielle ou spirituelle se définit donc par l’aptitude à se questionner sur le sens et l’origine des choses. C’est la capacité à penser nos origines et notre destinée. Cette intelligencespirituelle, existentielle ou morale est encore définit comme l’ aptitude à se situer par rapport aux limites cosmiques (l'infiniment grand et l'infiniment petit) ou à édicter des règles ou des comportements en rapport aux domaines de la vie[3]. C’est donc au regard de cet analyseur que nous pourrons définir les spécificités des structures confessionnelles d’insertions.
Cependant, avant d’entrer au cœur de cette analyse, il s’agira pour nous de procéder à un rapprochement en pratiquant un contre point historique. En effet, nous venons de voir une correspondance entre ce qu’il convient d’appeler un philosophe de l’antiquité en la personne de Saint Paul. S’il a vivement contribué à fixer les paramètres de notre société occidentale par l’établissement du dogme et de l’éthique chrétienne, c’est certainement dans son arrière plan philosophique que nous puiserons afin d’observer l’utilisation de cette intelligence existentielle.
 

[1] Daniel Goleman, « L’intelligence émotionnelle au travail », Editions village mondial, Zug (suisse) 2005, 360 p.
[2] Saint-Paul, « Première épitre aux Corinthiens », chapitre 12.
[3] Olivier Oudé, « L'intelligence : un concept hors mesure » dans le Figaro, le 18 juin 2005.
 

Publié dans Éducation

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