Intelligence naturaliste face à intelligence existentielle

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drapeau-Quebec.gifBonjour à chacun ! Avant de poursuivre notre étude sur le concept d'intelligence existentielle, j'aimerais vous inviter à prendre connaissance d'un nouveau portail qui vient de voir le jour, il y a quelques semaines, et qui recense certains sites chrétiens très intéressants... http://www.hawatools.com/service-annuaire/annuaire-1655-117.html


Intelligence naturaliste et intelligence existentielle

a. Durkheim, Pape de la Sociologie.
Émile Durkheim… et tout est dit[1]. Ou nous devrions plutôt dire ‘tout est fait’ ! Jean Brun qui fut professeur de Philosophie à l’université de Dijon a tenté de dégager la filiation des idées dans la formation de l’Europe et de ses institutions[2]. En abordant la sociologie, il n’hésite pas à parler de l’idolâtrie du fait. Pour lui, Durkheim base toute l'éthique sur le fait social. Un acte est dit mauvais s'il est en contraste avec l'ensemble de la société (qui est infaillible). Notons au passage les différents mouvements liés par des points de contacts : le positivisme (philosophie analytique), c'est le « calculons » au lieu du « raisonnons »[3]. Très déshumanisant comme le structuraliste et la recherche de la langue absolue. Nous comprenons le fil de sa réflexion lorsqu'après l’établissement philosophique de la mort de Dieu, il est proclamé la mort de l'homme au profit du fait. Cela semble anodin, théorique mais d’une importance fondamentale quant on considère la place cédée aux statistiques, études de terrain, réflexion reprise même en économie ou les indispensables marchés d’études fleurissent parfois au dépit du bon sens. Cette méthode est acceptée comme idée reçue, comme méthode d’approche plus qu’un moyen.
Il est intéressant de noter en cet endroit qu’il est fait abstraction, dans cette théorie de l’objet et du rapport à l’objet[4] à ce que, dans ce rapport, Platon définissait comme source originelle. Par contre nous voyons apparaître ici le concept de data. Si Zenon ne pouvait être contredit dans démonstration, c’est parce que son paradoxe est établit sans poser en premier point un créateur. Nous sommes bien, avec Durkheim, dans une opposition entre créationnisme et évolutionnisme. « Si le lapin rattrape la tortue, c’est parce que c’est Dieu qui les a créé tout les deux et qu’Il l’a décrété ainsi » dira le théologien protestant Henri Blocher. C’est ainsi que le développement de la méthode paraîtra très déshumanisant (logique inductive / logique expérimentale).
 
b. Kierkegaard et le désespoir.
En lisant en toute simplicité Søren Kierkegaard[5] nous pouvons recevoir de lui clairement ce qu’il expose[6]. ce petit exposé est une bonne exhortation édifiante sur laquelle il est possible de construire. Dans une 1ère partie. La maladie à la mort est le désespoir. 1/ Etre désespéré mène jusqu'à la mort. Le désespoir est réel même s'il paraît en disharmonie avec l'« Etre ». Désespérer, c'est désespérer d'être ; donc mourir ! Il y a cependant une ouverture sur d'autres espoirs :
« Le désespéré a beau ne pas s'en apercevoir... : l'éternité fera pourtant éclater que son état est le désespoir...; et l'illusion de sa réussite deviendra manifeste. Et il faut que l'éternité agisse de la sorte, parce qu'avoir un moi, être un moi, c'est la suprême, c'est l'infinie concession faite à l'homme ; mais c'est en même temps l'exigence, la créance de l'éternité sur lui »[7]. 2/ A présent que le désespoir est exposé (notons au passage que c'est une maladie), il reste à démontrer son universalité. Tous connaissent l'angoisse. Pas besoin de grande démonstration pour prouver que le désespoir est partout, sauf peut-être chez le chrétien véritable, dit Kierkegaard et encore ; il est entaché par ce désespoir qui le tient comme une bête sauvage, mais mourante. Le désespoir est là. Il est universel mais pas incurable. Il suffit de porter son regard à l'horizon. 3/ Cependant, regardons d'un peu plus près le désespoir dans ses différentes formes de manifestation.
 
i. La conscience de soi
·                   Le fini - précis – conscient
·                   L'infini - vague - inconscient
 
ii. Positif ou admission ?
Le désespoir est ni positif ni admissible. Il est négatif et inadmissible. Cette situation nécessite une intervention miraculeuse pour rompre cet état. La solution se trouve dans la Toute-Puissance de Dieu. Ou plutôt la solution se trouve en Dieu qui dans sa Toute-Puissance met un terme à cette situation (car sinon on risque d'opposer Dieu au concept de désespoir - ce n'est cependant pas pour diminuer l'importance du désespoir). Kierkegaard a établi jusqu'à présent le désespoir comme maladie qui nous touche tous. Impossibilité de se guérir, nécessité d'une intervention divine. Il a montré plusieurs formes de désespoir, les causes et les effets. Dans cette 2ème partie, il démontre que le désespoir est péché.
« Le péché consiste, étant devant Dieu ou ayant l'idée de Dieu, et se trouvant dans l'état de désespoir, à ne pas vouloir être soi, ou à vouloir l'être. Le péché est ainsi la faiblesse ou le défi intensifié. Il est le désespoir élevé en puissance ; l'accent porte ici sur le fait d'être devant Dieu, ou d'avoir l'idée de Dieu ; ce qui est au point de vu dialectique, éthique, religieux, fait du péché le désespoir «qualifié», suivant le terme des juristes, c'est l'idée de Dieu » (p. 67).
 
Mettons de côté l’aspect confessionnel. Il y a, dans l’approche de Kierkegaard, matière à réflexion dans le procédé de l’utilisation de l’intelligence existentielle qui permet, à celui qui l’utilise, de lutter efficacement contre le concept du désespoir. Il s’agit bien là d’une piste à emprunter.
 

[1] Emile Durkheim, « les règles de la méthode sociologique », Éd. Flammarion, Paris, 1988, 253 p. 
 
[2] Jean Brun, « L’Europe philosophe », Editions Stock, Paris 1988, pp. 268-362.
 
[3] Idem, p. 331.
 
[4] Emile Durkheim, « les règles de la méthode sociologique », Éd. Flammarion, Paris, 1988, p. 16.
 
[5] Kierkegaard Søren, « La maladie à la mort (Le concept de désespoir) », Traduit du danois par P.H. Tisseau, Ed. Tisseau, Bazoges-en-Paredes, s.d., 124 p.
 
[6] Même s’il se donne bien de la peine pour expliquer des choses élémentaires.
 
[7] Kierkegaard Søren, op.cit, p. 17.

Publié dans Éducation

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