un Grenelle de l'insertion

Publié le par Pasteur Christophe Deville

martinhirsch.jpgDans l'express du mardi 2 octobre 2007, nous pouvions lire un article de Delphine Halgand dans la catégorie "Solidarité" dans lequel Nicolas Sarkozy se présente pour un "Grenelle de l'insertion". En effet, le président a demandé  à Martin Hirsch, Haut Commissaire aux solidarités actives de « réfléchir à la fusion des minima sociaux et à la question du bouclier sanitaire" et d'organiser un "Grenelle de l'insertion" :

 

artin Hirsch, Haut Commissaire aux solidarités actives, s'est rendu en Côte d'Or avec le président de la République pour vanter le revenu de solidarité active (RSA), mesure qu'il défendait déjà quand il était encore président d'Emmaüs. La Côte d'Or est l'un des départements qui, comme l'Eure ou l'Oise, s'est porté volontaire pour expérimenter cette nouvelle allocation.

Le principe: verser ce revenu aux bénéficiaires du RMI ou de l'API (allocation de parent isolé) qui reprennent un emploi. Le RSA vient compléter le salaire tiré de cette activité, notamment les emplois à temps partiel. Ainsi, pour un Rmiste, reprendre un travail n'est plus synonyme de perte de revenus. "Le but est de remplacer le RMI, qui souffre d'une image négative depuis sa création", avait déclaré Martin Hirsch à la fin juin.

Alors que les estimations du coût de cette mesure oscille entre 8 et 3 milliards d'euros, le Haut Commissionnaire affirme, lui, qu'il en coûtera en moyenne 1200 euros par personne sur un an, soit près de 4 milliards d'euros par an.

FUSION DES MINIMA SOCIAUX ET BOUCLIER SANITAIRE
Le président de la République a déclaré avoir demandé à Martin Hirsch "de réfléchir à la fusion des minima sociaux et du bouclier sanitaire". La fusion du Revenu minimum d'insertion (RMI), de l'Allocation spécifique de solidarité (ASS), de l'Allocation de parent isolé (API) et de l'Allocation d'adulte handicapé (AAH) est en fait la conséquence logique de la mise en oeuvre du Revenu de solidarité active (RSA).

Le "bouclier sanitaire" établirait, lui, la prise en charge à 100 % des soins au-delà d'un certain seuil de dépenses fixé au prorata des ressources des patients ou de leurs familles. Cette solution alternative aux franchises médicales préconisée par Martin Hirsch revient donc sur le devant de la scène alors qu'un rapport remis vendredi dernier à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et au Haut Commissaire aux solidarités actives recommander d'attendre 2010 pour le mettre en place.

CONTRAT UNIQUE D'INSERTION
Nicolas Sarkozy s'est aussi prononcé pour la fusion des contrats de travail aidés en un "contrat unique d'insertion".
"J'ai demandé à Martin, en liaison avec (la ministre de l'Economie) Christine Lagarde de travailler à un projet d'unification de tous les contrats aidés, a déclaré le chef de l'Etat . "La création d'un contrat unique d'insertion répondra au besoin de simplicité grâce à un régime juridique unique pour l'ensemble des contrats aidés, avec un seul prescripteur", a-t-il expliqué. Ce contrat unique d'insertion pourra être conclu pour des durées variables, selon les besoins et ses titulaires seront suivis par le service public de l'emploi, a précisé le président de la République.

Lors d'une table ronde au Conseil général sur le thème de la réinsertion par le travail, le Chef de l'Etat a également "mandaté" Martin Hirsch pour réfléchir à un nouveau dossier: "faire sauter le cadre des 24 mois", durée légale des contrats aidés.

Le président de la République a également confier à Martin Hirsch, lors de cette visite à Dijon l'organisation d'un "Grenelle de l'insertion", sans toutefois fixer un calendrier.



Deux modèles s'opposent quant à la résolution des problèmes liés à l'exclusion. Le premier système, néolibéral, repose sur les théories d'Adam Smith qui met l'accent l’importance de la division du travail (un siècle avant Durkheim). Smith s’appuie sur la logique des stratégies individuelles. Il part des motivations de l'individu. C'est un individualisme méthodologique. Chacun est respecté dans son individualisme politique, ethnique et religieux. Les limites sont liées à la fatalité si bien exprimée par Raymond Boudon1
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Le second système est celui que nous apparenterons à la logique d'inspiration française. C'est une approche holiste. Dans notre cas, Bourdieu et Passeron font primer le collectif sur l'individu2. L'individu doit s'insérer dans un système. Dans ce système, les individus sont étiquetés selon une norme collective. Les critères logico-mathématiques et linguistiques sont primordiaux pour évaluer les potentiels d'insertion.Cela nous renvoie à Dubar3 dans sa définition de l’identité et nous permet de comprendre que nous sommes bien dans une identité multiple. Lorsqu’on est en travail avec une personne qui est étiquetée comme ne pouvant rien faire, il est possible de se dire qu’en effet, elle n’a peut être pas pu faire grand-chose dans les conditions dans lesquelles elle se trouvait. Cependant, si nous arrivons à créer d’autres conditions, alors nous pouvons découvrir des potentiels qui n’ont peut-être jamais été exploités jusqu’à présent. Aussi, il nous appartient d’ouvrir cette personne à d’autres « champs des possibles ». En conclusion de cette recherche, un modèle alternatif pourrait-il être proposé ? Dans le cadre du travail on parle de la segmentation du marché de l'emploi. C'est le discours sur l'employabilité qui éveille notre attention sur le concept de normalité et d'anormalité.
 


[1] Raymond Boudon, « Renouveler la démocratie », Éditions Odile Jacob, Paris, 2006, 300 p.
[2] Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, « Les héritiers. Les étudiants et la culture », Editions de minuit, Paris, 1964, 188 p.
[3] Claude Dubar, « La crise des identités », Editions PUF, Paris, 2001, 248 p.

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