De la communion fraternelle

Publié le par Pasteur Christophe Deville

Généralement, lorsqu’on parle de communion fraternelle, il est fréquent que l’on cite la référence qui se trouve dans le livre des actes, au chapitre 2:42 :

« Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières ».

Un peu plus loin, au verset 44, nous lisons que « tous ceux qui avaient cru étaient ensemble et avaient tout en commun ».

Ainsi, certains prennent ce texte comme base pour parler de la communion fraternelle. Ils dénoncent le manque d’amour dans l’église d’aujourd’hui. Pour eux, l’église primitive telle qu’elle est mentionnée dans ce texte est LE modèle à suivre et à appliquer de nos jours

A l’inverse, d’autres croyants vont relever certains événements bibliques : Pour eux, ce que les premiers chrétiens ont fait n’étaient pas le modèle à suivre ! En effet, parce qu’ils ont tout vendu et mis en commun, ces chrétiens à Jérusalem se sont retrouvés dans la pauvreté. Ainsi, Paul a du demander aux autres églises de faire un collecte en faveur des saints qui sont à Jérusalem (1 corinthiens 16:1-4).

Il me semble que nous lisons trop rapidement le texte biblique sans le resituer dans son contexte historique, et c’est ce que je me propose de faire en cet endroit :

L’épisode du chapitre 2 des actes se situe lors de la fête de la Pentecôte, à Jérusalem. Le verset 5 nous donne l’identité des personnes présente à cette fête : « Or, il y avait en séjours à Jérusalem des Juifs pieux venus de toutes les nations qui sont sous le ciel ».  

La première chose que nous constatons, avec ce verset, c’est que ceux qui vont se convertir, au nombre de 3000 (v.41), n’habitaient pas à Jérusalem.

A notre époque, lorsque nous partons pour un voyage, s’il y a un imprévu, notre carte bancaire peut nous dépanner, notre chéquier peut nous permettre quelques écarts, mais à l’époque, lorsqu’un voyageur partait, il emportait seulement ce dont il avait besoin pour son voyage, avec certes une marge, mais n’avait pas de banque où aller pour retirer de l’argent. Or, il faut bien comprendre que touchés par le message de l’apôtre Pierre, ces croyants se donnent à Dieu. Là, ils comprennent l’urgence du retour de Jésus-Christ. Ils sont certains que Christ revient bientôt, et décident de rester à Jérusalem.

Le grand problème, c’est qu’ils abandonnent TOUT, afin de recevoir la parole de Dieu : un voyage de 15 jours va donc se transformer en un déménagement ! Ils s’installent à Jérusalem, et quittent ainsi leur travail, leur maison etc.

Peut-être nous comprenons l’engagement total des croyants de Jérusalem qui, pour répondre au besoin de la Parole de Dieu, ne vont pas hésiter à tout mettre en commun afin de répondre aux besoins de leurs frères.

Imaginez que demain, 3000 vacanciers débarquent dans votre commune et adhère à votre message. Ils ont tout quittés et vous recevez la responsabilité de prendre soin d’eux. Les chrétiens de l’époque ont payé le prix de l’évangile. Ils n’ont pas hésité à se sacrifier afin que l’évangile soit répandu au travers de ces nouveaux venus.

A présent, une question s’impose à nous : dans les circonstances qui ont été celles que nous lisons dans le livre des actes, au chapitre 2, aurai-je fait la même chose que les chrétiens de l’époque ?

En fait, la réponse à cette question dépend de la perception de la situation : est-ce que ça en valait le coup ?

En conclusion, et pour revenir à notre époque, en dehors de ces préconceptions confessionnelles, comment puis-je être sensibilisé à la situation de l’autre ? L’humanité qui nous est commune doit nous pousser à manifester l’amour envers mon prochain, indépendamment de ce qu’il croit ou de ce qu’il est, mais en vertu de l’image de Dieu qui demeure en chaque personne.

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