Claude Lévi-Strauss a 100 ans !

Publié le par Pasteur Christophe Deville

Il est un livre qu'un antillais se doit de lire... Tristes tropiques.

 

S'en doutait-il ? En 1955, Claude Lévi-Strauss sortait l'ouvrage qui allait transformer à tout jamais notre conception occidentale de l'autre. Redonnant sa dignité aux sociétés indigènes du Brésil central par la nouvelle perception qu'il propose. Plus que jamais, ce message est d'actualité, au regard des difficultés et différences culturelles qui semblent opposer pas seulement les nations entre-elles, mais des voisins entre eux.

 

Lévi-Strauss présente sa recherche ethnologique selon une théorie à partir de laquelle son terrain d’exploration paraît réduit à un rôle d’objet. Il nous semble que les questions suscitées sont déterminées en vertu d’un intérêt propre à l’homme de son époque (et par extension, l’homme de notre époque). Aussi, le terrain ne peut répondre que dans les termes de la théorie et dans les directions qui ont été prévues par Lévi-Strauss lui-même. Il est donc évident qu’il y a matière à réflexion dans cette opposition entre sens commun et sens théorique. Mais, dans la mesure où nous mettons en rapport l’éthique de l’éducation traditionnelle face à l’éducation moderne, quels sont les motifs qui nous permettront d’apprécier cette éthique, et plus précisément, la dynamique, s’il y en a bien une, de cette éthique. En effet, comme une théorie d’ensemble, certains ethno méthodologues croient qu'il faudrait interpréter le droit des peuples comme un modus vivendi, une manière de vivre s’accommodant du « naturel ». L’homme moderne, hyper technologique serait invité à se tourner vers cette éducation traditionnelle afin d’être en harmonie avec lui-même. N’est-ce pas, en quelque sorte, ce que nous remarquons avec le pragmatisme observé dans certains pays, et le désir des institutions françaises de s’en inspirer afin de l’appliquer, par exemple, dans le domaine de l’éducation. En effet, n’est-il pas vrai qu’il existe un désir de mettre plus en rapport l’université et le monde du travail afin de mieux professionnaliser le monde académique, comme c’est le cas de plusieurs pays anglophones. Cependant, si les principes du « droit des peuples » ne sont que le résultat d'un modus vivendi, cela a pour effet d'en limiter la portée universelle et donne à penser qu'ils doivent être subordonnés à des principes qui s'appliquent à des individus. On parle alors de « droit des gens ».

 

En contrepartie, Coulon introduit ce que nous pourrons appeler un principe correcteur moral qui va au delà d’une théorie de la justice et d’un principe de tolérance. Pour lui, d’avantage qu’une théorie constituée, il s’agira d’adopter une nouvelle posture (éthique) intellectuelle.

C’est dans ce sens que l’on peut établir une théorie mettant en présence le naturel et le culturel. Dans un premier temps, nous replacerons cette question dans le contexte rédactionnel de Lévi-Strauss, en tentant de présenter une situation, ensuite nous définirons la problématique soulevée par ce texte, en rapport avec la sociologie et plus précisément le lien social qui existe dans les sociétés dites premières. Enfin, non pas comme une conclusion, mais comme un dépassement, notre étude pointera du doigt les chemins empruntables pour une définition de l’éducation au sein d’une société postmoderne hyper technologique face à la recherche individuelle toujours croissante de l’épanouissement personnel.  Nous mettrons en gros plans les dérives que de telles positions génèrent, ainsi que les « chances », qu’elles engendrent, particulièrement dans nos sociétés des Antilles Françaises.

 

Publié dans Éducation

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