Qu'est ce qu'un concept ?

Publié le par Pasteur Christophe Deville

Dérida (Construction-Déconstruction) a apporté des éléments intéressants sur cette question épistémoligique. C'est intéressant qu'en allemand (Heidegger), on parle de Destruktion (oui... je sais cela ne se traduit pas par destruction... enfin bref, c'est amusant quand même)...


Un concept est complexe, non pas dans le sens de compliquer, mais dans le sens qu'il n'est pas simplex. Comment, avec ces composantes, naviguer du singulier à l'universel et retourner au singulier ? La somme de plusieurs éléments est bien plus que l'addition de ces éléments. Une difficulté de définir le concept se situe dans le fait que quand bien même le concept comprend un contour, celui-ci est irrégulier, et sujet à variations. Un concept est défini par rapport à un autre, et donc, fait intervenir l'altérité. Le problème alors est de savoir comment se positionner par rapport à l'autre dans une confrontation culturelle.

Cela a sa pertinence dans la société antillaise dans laquelle nous vivons, surtout au niveau linguistique où le langage conceptuel et langage métaphorique se côtoient. Dans certaines cultures asiatiques, par exemple, le « je » n'a pas d’existance, mais l'individu se positionne en une situation donnée, à un moment donné, par rapport à autrui.

Il s'agit d'un positionnement constant. Par ailleurs, la confrontation du « cogito ergo sum » de Descartes est soumis à la temporalit
é kantienne. On pourrait paraphraser quand ainsi : « Descartes nous dit je pense, donc je suis... », à certains moments, il va accoler son énonciation : « je pense/je suis », et Kant de répondre : « disons que ça pense et ça bouge ! ». C'est pourquoi, nous pouvons apporter quelques « correctifs » à la problématique du concepteur, en apportant à l'élément du devenir. Les composantes d'un concept, les concepteurs eux-mêmes, se raccordent, se recoupent. Il est donc une interpénétration des concepts visant un point de convergence. Il en va de la nature du concepteur Je relève Trois aspects du concept. 1/les concepts ne sont jamais créés et de rien, 2/ils sont distincts mais inséparables, 3/ils conduisent vers un point d'accumulation, nous dirons « point de convergence ».

Déjà
au XIIIe siècle, saint Thomas d'Aquin parlait d'une interpénétration des idées qui est appliqué à la théologie trinitaire avec la circumincession ; une interpénétration de chacune des composantes de la Trinité ; distinctes, mais inséparables, s'interpénétrant donc dans un mouvement visant un point de convergence. Sans nul doute que cette idée a contribué à l'émergence d'une philosophie processuel et, parallèlement, une théologie du process. Et un autre élément de la problématique issue du trait intensifiant, est que dans un concept, il n'y a pas de constante, pas de variable, mais des variations. Le concept étant incorporel, à quoi pouvons-nous faire référence ?

Selon moi, ce qui importe, ce n'est pas la chose en elle-même, mais sa signification. Cependant, nous ne sommes pas dans un significando causant. De cette énonciation, nous pouvons nous intéresser à la philosophie du visage (faire un lien entre l'éthique et l'esthétique). Aussi, un dualisme existe, pour le concepteur entre l'absolu et le relatif.

Le concept ne se présente donc pas comme discursif, mais comme spatial. Cela mérite un temps d'arrêt dans la présentation du concept d'être et de non-être chez Platon. Les Pauliciens, au VIIe siècle, puis les Bogomiles, au XIVe siècle, posaient la question de savoir si le non-être s'opposait plus à l'être en étant quelque chose qu'en étant rien. Pour conclure, la problématique du concept semble trouver une voie intéressante dans le fait qu'à cette énonciation spatiale s'ajoute la notion du temps.

Publié dans Éducation

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