Le Concept d'intention

Publié le par Pasteur Christophe Deville

Vous l’avez cminority_report.jpgertainement vu, le film « Minority Report » reprend l’idée du Concept d’Intention. L’idée phare et chère à la relativité temporelle est de répondre à la question de savoir si ce que nous pourrions faire s'il nous était donnée l'opportunité de remonter dans le temps, à l’époque où Adolphe Hitler, lorsqu'il n’était qu’un simple caporal dans l’armée allemande lors de la première guerre mondiale… et si nous avions l’occasion de supprimer un tel personnage pour qu’il ne commette pas les atrocités dont il s’est porté coupable… que ferrions-nous ?
L’anthropologue Alessandro Duranti a donc présenté le concept d’intention (à ne pas confondre avec le concept d'intentionnalité). Dans cette problématique, on s'intéresse souvent aussi au lien de causalité entre un agent et les effets des actions réalisées par cet agent.

Dans notre cas ce ne sont pas les actions en elles-mêmes qui attirent notre attention, mais l’articulation entre  l'agent et les effets dont il est la cause. Ce point de vue sur les actions est important quand on veut déterminer les agents qui sont responsables d'un certain état des choses. Afin d’identifier la pertinence de notre réflexions,  on peut se poser la question de savoir qu'est-ce qui détermine les actions réalisées. Si on fait l'hypothèse que les agents ont un comportement rationnel, ils réalisent les actions qui contribuent à satisfaire leurs intentions.

1/ La capacité de réaliser une action, (à ne pas confondre avec la compétence qui représente une connaissance nécessaire, mais qui demeure insuffisante pour la réaliser),

2/ L’opportunité dans laquelle s’inscrit cette capacité,

3/Le temps qui inscrit l’action dans une durée,

4/ Mais aussi la connaissance de soi, la croyance de l’environnement et l'intuition entrent dans cette equation. Il est possible de décliner le concept d’intention en concept d’intention direct et concept d’intention spécifique.

Appliqué aux apprentissages, cela nous conduit naturellement au concept de synchronicité (ne pas confondre avec le synchronisme) établit par le psychologue Karl JUNG  Dans les Cahiers de Psychologie jungienne, n°28, 1er trimestre 1981, nous trouvons à la page 2 cette définition de la "synchronicité". Jung écrit :

"J'emploie donc ici le concept général de synchronicité dans le sens particulier de coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue. Le terme s'oppose à "synchronisme" qui désigne la simple simultanéité de deux évène­ments. La synchronicité signifie donc d'abord la simultanéité d'un certain état psychique avec un ou plusieurs événements parallèles signifiants par rapport à l’état subjectif du moment, et - éventuellement - vice-versa."

Une situation didactique est ainsi composée d’une part intersubjective qui fait coexister l’enseignant et les élèves face au savoir en jeu. Pour Duranti, comme pour Jung, cette connexion ne s’établit pas dans l’abstrait de la pensée, mais a partir d’une intersubjectivité co-opérative. Jung fait intervenir le savoir issu de l’inconscient. Il est suivi par Karl Popper (son indéterminisme s’oppose au déterminisme) et Antoine de la Garenderie qui défend l’idée des savoirs non-scientifiques (la gestion du mental) et l’intuition comme donnée de l’équation des actions. On tirera aussi profit de la pensée de Gaston Bachelard sur ce domaine.

Publié dans Éducation

Commenter cet article