mon identité française EST communautarisme

Publié le par Pasteur Christophe Deville

Depuis quelques temps, il me semblait bien que le communautarisme était perçu comme quelque chose de négatif. C’est l’impression que j’avais en écoutant la radio et en lisant la presse. Cette impression est largement confirmée par la déclaration du Président de la république, selon laquelle  l’identité nationale serait un antidote au communautarisme. Cette déclaration vise à penser que le communautarisme est une maladie, ou un virus !

 




Certaines nations occidentales ont préféré utiliser le communautarisme comme levier social, plutôt que d’en souligner les possibles dérives.

 

Si le communautarisme est un crime : je suis coupable ! En effet, je dois avouer que lorsque je vivais en Angleterre, à certains moments, j’avais besoin de me retrouver avec la communauté française et j’aimais « tremper » mon croissant dans mon bol de café au lait (ce qui est dégoutant aux yeux de certains anglais). Je me souviens aussi avoir été interpellé par un « SDF » sur Piccadilly Circus : je m’approche de lui et tente de l’encourager. Celui-ci me baragouine quelque chose en anglais. De suite je me rends compte qu’il est français. À ce moment là, mon identité française EST communautarisme : Quelque chose en moi me pousse ; et je l’avoue, plus fortement que s’il avait été anglais, à l’accompagner dans les moments difficiles qu’il traversait. Au bout de quelques temps, cet homme était debout, avait son travail, son appartement, et n’a pas tardé à se marier.

 

D’un point de vue religieux, nous devons nous préserver de tout sectarisme. J’approuve Nicolas Sarkozy qui, comme Jésus, demande aux croyants de se garder de toute ostentation : « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense » (Matthieu 6:5).

Cependant, je me demande si c’est bien de cela dont il est question ?

  

L’anticommunautarisme dont nous sommes les témoins aujourd’hui devrait éveiller notre attention, car si la République est « une et indivisible », l’ethnocentrisme français ne peut cependant pas nier les identités, les langues régionales, les cultures et communautés multiples qui créent la richesse de notre nation. Je me souviens avoir été surpris après être passé, en janvier 1996, dans une église évangélique aux Abymes. Le responsable, très engagé politiquement m’avait affirmé : « je suis d’abord Guadeloupéen ; ensuite, je suis chrétien » ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

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