Éducation

Lundi 27 juillet 2009

Dérida (Construction-Déconstruction) a apporté des éléments intéressants sur cette question épistémoligique. C'est intéressant qu'en allemand (Heidegger), on parle de Destruktion (oui... je sais cela ne se traduit pas par destruction... enfin bref, c'est amusant quand même)...


Un concept est complexe, non pas dans le sens de compliquer, mais dans le sens qu'il n'est pas simplex. Comment, avec ces composantes, naviguer du singulier à l'universel et retourner au singulier ? La somme de plusieurs éléments est bien plus que l'addition de ces éléments. Une difficulté de définir le concept se situe dans le fait que quand bien même le concept comprend un contour, celui-ci est irrégulier, et sujet à variations. Un concept est défini par rapport à un autre, et donc, fait intervenir l'altérité. Le problème alors est de savoir comment se positionner par rapport à l'autre dans une confrontation culturelle.

Cela a sa pertinence dans la société antillaise dans laquelle nous vivons, surtout au niveau linguistique où le langage conceptuel et langage métaphorique se côtoient. Dans certaines cultures asiatiques, par exemple, le « je » n'a pas d’existance, mais l'individu se positionne en une situation donnée, à un moment donné, par rapport à autrui.

Il s'agit d'un positionnement constant. Par ailleurs, la confrontation du « cogito ergo sum » de Descartes est soumis à la temporalit
é kantienne. On pourrait paraphraser quand ainsi : « Descartes nous dit je pense, donc je suis... », à certains moments, il va accoler son énonciation : « je pense/je suis », et Kant de répondre : « disons que ça pense et ça bouge ! ». C'est pourquoi, nous pouvons apporter quelques « correctifs » à la problématique du concepteur, en apportant à l'élément du devenir. Les composantes d'un concept, les concepteurs eux-mêmes, se raccordent, se recoupent. Il est donc une interpénétration des concepts visant un point de convergence. Il en va de la nature du concepteur Je relève Trois aspects du concept. 1/les concepts ne sont jamais créés et de rien, 2/ils sont distincts mais inséparables, 3/ils conduisent vers un point d'accumulation, nous dirons « point de convergence ».

Déjà
au XIIIe siècle, saint Thomas d'Aquin parlait d'une interpénétration des idées qui est appliqué à la théologie trinitaire avec la circumincession ; une interpénétration de chacune des composantes de la Trinité ; distinctes, mais inséparables, s'interpénétrant donc dans un mouvement visant un point de convergence. Sans nul doute que cette idée a contribué à l'émergence d'une philosophie processuel et, parallèlement, une théologie du process. Et un autre élément de la problématique issue du trait intensifiant, est que dans un concept, il n'y a pas de constante, pas de variable, mais des variations. Le concept étant incorporel, à quoi pouvons-nous faire référence ?

Selon moi, ce qui importe, ce n'est pas la chose en elle-même, mais sa signification. Cependant, nous ne sommes pas dans un significando causant. De cette énonciation, nous pouvons nous intéresser à la philosophie du visage (faire un lien entre l'éthique et l'esthétique). Aussi, un dualisme existe, pour le concepteur entre l'absolu et le relatif.

Le concept ne se présente donc pas comme discursif, mais comme spatial. Cela mérite un temps d'arrêt dans la présentation du concept d'être et de non-être chez Platon. Les Pauliciens, au VIIe siècle, puis les Bogomiles, au XIVe siècle, posaient la question de savoir si le non-être s'opposait plus à l'être en étant quelque chose qu'en étant rien. Pour conclure, la problématique du concept semble trouver une voie intéressante dans le fait qu'à cette énonciation spatiale s'ajoute la notion du temps.
Par Pasteur Christophe Deville
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Lundi 20 juillet 2009

Christophe Deville Soutient son mémoire : « L’intelligence Existentielle en Martinique » Mercredi 22 juillet 2009 à 10h00 À l’Université des Antilles et de la Guyane UFR Sciences Humaines – Salle L 31

Par Pasteur Christophe Deville
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Dimanche 24 mai 2009

Connais-toi toi-même (Socrate)


Depuis quelques temps, on assiste à de nouvelles formes de management au sein des entreprises et structures associatives.

Nous avons relevé deux grandes écoles qui semblent s’opposer dans leur méthode. A l’heure où fleurissent des séminaires de « Coaching », nous pouvons nous interroger sur la dévitalisation des valeurs qu’entrainent certaines théories du Coaching. Vous reconnaitrez facilement ses nouvelles pratiques par le vocabulaire employés : Coaching - Team Building - Rapport ‘Gagnant-gagnant’ – Développement Personnel – Croyances limitantes – Développement Managérial – etc…

Ces écoles ont fondé leurs propres normes de références. Par exemple, Vincent Lenhart définit (en 2002) que « le coaching est à la fois une aide et une co-construction offerte à une personne (ou une équipe) à travers une intervention ponctuelle ou, le plus souvent, un accompagnant vécu dans la durée. Cette aide et cette co-construction s’inscrivent dans une situation professionnelle, et/ou managériale et/ou organisationnelle. Elles visent à créer les conditions pour la personne (ou l’équipe coachée) qui lui permettent de trouver et de construire ses propres solutions» Elles situent la résolution ponctuelle, ou à court terme, recherchée, dans la perspective d’un développement à la fois durable et global. ».


Cette définition est séduisante. Mais l’avez-vous remarqué ? Les termes employés font tous référence à un mouvement (construction, solution, durée, solutions résolution, recherche, perspective), et délaisse l’état d’être de la personne. C’est plaisant pour une société qui se veut en mouvement et dans laquelle, tout arrêt est perçu comme une stagnation. Ce type d’accompagnement regarde vers une direction, et risque de produire, selon-nous, une dévitalisation des valeurs.


De l’autre côté, Maela PAUL, est sans aucune mesure l’une des spécialistes les plus sérieuse et qualifié en matière d’accompagnement. Dans son ouvrage (l’accompagnement : une posture professionnelle spécifique), elle souligne et relève les pratiques qui ne sont pas nouvelles, mais qu’on retrouve déjà chez Socrate dans l’art de la maïeutique, c'est-à-dire cette capacité de faire advenir le moi profond chez une personne.

Il m’apparait que le Coaching, tel que le prône Vincent Lenhart, est un accompagnement de type « VISÉ » qui nécessite un correctif :
un accompagnement de type « MAINTIEN », dont le but est une conscientisation identitaire nécessaire, en notre époque et lieu, particulièrement dans la problématique antillaise.

Par Pasteur Christophe Deville
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Dimanche 26 avril 2009

Retour sur l’après crise aux Antilles. La crise que nous avons rencontrée est une crise sociale de grande ampleur qui a revêtu plusieurs caractéristiques 1/ Elle a semblée soudaine, 2/ Elle s’est élargit très rapidement, 3/ Elle a été reconnue comme légitime. Cependant, plusieurs croyants se sont opposés à ce mouvement, puisqu'il sagissait de répondre à la convoitise du diable. Hier, j’entendais qu’en Europe, la Reine d’Angleterre avait décidé de réduire ses dépenses. On peut s’interroger sur les conséquences : si tout le monde décide de moins consommer, les producteurs de bien et de services se retrouvent dans des difficultés et doivent fermer « boutique ». Est-ce bien ? Est-ce mal ? Pour les Antilles, il faut comprendre que depuis 50 ans, nous vivons dans un système économique ou ce n’est pas la sous-production qui peut faire émerger une crise. La capacité de l’homme à produire est conséquente (cela, pose d’autres problèmes comme la durabilité des biens produits). Si le système tombe en panne, ce n’est pas par un manque de production ! ça, c’est un fait nouveau dans notre société postmoderne hyper technologique !

C’est le non achat des biens disponibles qui peut produire cette panne. En accord avec le constat que fait la Bible sur notre époque (c’est prophétique), nous comprenons que le développement d’un pays ou d’une région ne se produit qu’à l’excitation du désire d’achat ! Le système dit que si physiquement et physiologique, l’homme est limité, par contre, à travers un mode de vie, nous sommes incités à une consommation excessive. Par exemple : il nous faut 60 chemises, 6 paires de lunettes, etc... Ce qu’il faut comprendre, c’est que la disponibilité du bien n’est pas liée à l’usure du bien mais à l’usure de la « mode ». La consommation est au cœur de notre système social. Pour nous, aux Antilles, un nouvelle ethos politique et social est apparu : celui qui ne participe pas à la consommation se sent exclus (n’est-ce qu’un ressenti ?) C’est cela qui a été au centre des revendications : « on veut être partie prenante, et participant de la société ». La consommation est au cœur du système. Consommer est aussi un mode de « reconnaissance ». La revendication n’était pas seulement un désir d’avoir plus de bien matériel ! Cette revendication avait une représentation social de fait de consommer : A travers la consommation, on expose l’être qu’on veut présenter aux autres. La consommation devient l’axe fondamental de l’existence sociale. La consommation est aussi une action majeure, car l’anéantissement de notre capacité de production fait qu’il n’y a pas d’autre lieu ou se poser face au regard des autres. C’est donc le reflet d’un besoin d’expression de la nécessité d’exister. Or, se droit d’existé a été refusé par la situation économique. Cela dépasse donc le seul aspect économique ; nous sommes bien dans le social ! Les éruptions de violence, pendant la crise ont ciblés les lieux de consommation. L’occasion a été donné à certains (et les jugements a montré qu’il s’agissait de monsieur « toutlemonde ») d’exister à un autre niveau.

Mais il y a un espoir ! La population a exprimé son désarroi, sa révolte et le désir de se reconstruire autour d’autres priorités ! Ce malaise et ce mal-être donnent l’occasion de se repenser différemment ! Comme nous le prêchons, il est temps de redéfinir le concept de travail, d’activité et d’emploi. Nous devons sortir de cette situation de « citoyen spectateur » au sein de laquelle nous avons peut être été enfermés. Ce qui s’est passé va beaucoup plus loin qu’une simple revendication matérielle ! C’est le besoin de s’interroger sur notre existence. Un désire commun de faire autrement.

Par Pasteur Christophe Deville
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Jeudi 26 mars 2009

 

La grève semble avoir cessé, c’est l’heure du bilan, et rapidement, les individus et la société se rendent compte que la crise est loin d’être finie.

 

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais pour moi, je ressens une très vive tension : chacun  veut être payé, on veut "régler ses comptes", l'heure est à l'accusation et on recherche des boucs émissaires en se présentant comme victime. On peut lire ça et là des commentaires sur le comportement humain, et certains se sont laissés aller à critiquer « l’autre » en pensant qu’ils étaient dans leur droit et se convainquant que « l’autre » était forcément mauvais.

 

Il n’est donc pas inutile de resituer et relever quelques éléments qui nous serviront à forger notre propre réflexion. J'ai relevé 3 erreurs d'analyse dans les discours qui nous sont servis ces derniers temps :

 

1/ D’un point de vu général, vous souvenez-vous du slogan du collectif du 5 février : « Sé pou la viktwa nou ka alé » (C’est pour la victoire que nous marchons). En tant que croyant, nous ne pouvons pas nous satisfaire de ce simple  slogan. En effet, le chrétien confesse que « Sé DAN la viktwa nou ka alé ». Trois petites lettres qui font toute la différence et qui révèle la nature des choses : Le chrétien a obtenu la victoire en Jésus-Christ. Nous sommes plus que vainqueur : cela ne dépend pas de nos actions, mais de son action à lui : de ce qu’il a fait sur la croix.

 

2/ Lorsque nous avons fait remonter l’information signifiant que la violence montait dans le cœur de certains jeunes défavorisés, les autorités ont répondu : qu’il est faux de croire que le carnaval rend les gens violents. Vous avez certainement déjà entendu cet argument : « le carnaval n’est pas violent, c’est la société qui l’est ». Cependant ce n’est pas en encourageant ce type d’expressions culturelles que nous parviendrons à apaiser le ressenti de certain. Les pouvoirs publics cherchent à apporter une réponse globale aux écarts de conduite des citoyens. Cependant, la solution se trouve dans une prise de conscience individuelle, personnelle et citoyenne.

 

3/Une erreur largement répandue et diffusée vise à laisser croire que « toutes les grandes avancées sociales ont été acquises par la mobilisation et le combat social ». L'Europe, les États-Unis et le reste du monde rigolent bien de l'incapacité de la France et des Antilles à régler un problème dans la sérénité. Peut-être bien parce qu'on ne donne pas de place à ceux qui invitent à cette prise de réflexion. Cette « propaganda » de combat social ne tient pas la route. Il suffit de voir comment l’empire britannique a su donner la liberté à ses dépendances tout en gardant une forte attache avec les pays devenus autonomes. Cette « décolonisation » ne s’est pas toujours réalisée dans l’affrontement. Nous connaissons également les revirements des pays de l’est, mais aussi et plus loin l’exemple de la démarche de Lao-Tseu dans le désir d’unifier un pays autour d’un principe de paix.

 

4/ Rappelons-nous que la Bible dit que la Terre appartient au Seigneur, avec tout ce qu’elle contient. Jésus dit : « mon royaume d’est pas de ce monde »  (Jean 18:36). Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Alors j'aimerai vous inviter, alors qu'on fait ce bilan, à devenir participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par cette convoitise. Prenons conscience que tout ce qui est dans le monde : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, ne vient pas de Dieu mais du monde. Or le monde passe, et sa convoitise aussi ! Cependant, je vous assure que celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement.

 

Il est absolument certain qu’un jour nous entendrons les anges nous dire « Malheur! La grande ville, qui était vêtue de fin lin, de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles! En une seule heure tant de richesses ont été détruites »! - Apocalypse 18:16

 

Par Pasteur Christophe Deville
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Lundi 9 mars 2009

La mediation en Martinique
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A l’heure où la démocratie est remise en cause par le principe de la « Governance », plus que jamais, il nous semble important de redonner sa place au peuple et que le lieu de vie redevienne le lieu central des décisions sociétales. L'Association Médiadom nous livre un exemple intéressant où, au beau milieu de troubles, des hommes et des femmes arrivent à se parler et exprimer leur ressenti dans la dignité.
Par Pasteur Christophe Deville
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Mercredi 25 février 2009
Par Pasteur Christophe Deville
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Lundi 16 février 2009

La première fois que j’ai entendu l’expression « la Gwadloup se ta nou », c’est en octobre 1999. A l’époque, 61 naufragés chinois avaient été récupérés au large de Saint-Martin, et hébergés à Saint-François. Alors qu’une pétition réunissant 700 signatures avait été recueillie et que la préfecture était prête à  accorder l’asile politique à ces réfugiés, plusieurs chinois ont été victimes de provocations racistes  et d’agressions de la part des Guadeloupéens. La France a donc cédé aux pressions locales des revendications au détriment de la solidarité. Je ne sais pas ce que sont devenus ces ressortissants.

Le 11 février dernier, la presse titrait qu’Yves Jégo, Secrétaire d’Etat chargé de l’outre- mer revenait en Guadeloupe avec 180 millions d’euros.

Au regard d’une population de 360 000 habitants, cela représente 500 euro par habitant, soit 1,36 € par jour… 1,36 € : Youpi ! Yves Jégo nous paye notre baguette quotidienne ! (j’avais bien dit que c’était la Baguette qui était responsable de la crise !)  A présent, répétons tous ensemble : « Notre Jégo qui êtes à l’Elysée, Donne-nous aujourd’hui, notre Baguette de ce jour » !



Dans l’île sœur, les propos raciste d'une personne âgée ne sont pas là pour faire avancer les choses. En fait, quand on y regarde de plus près, il a simplement repris, déformé et amplifié les propos de Nicolas Sarkozy : du « rôle positif de la colonisation », il a glissé au « rôle positif de l’esclavage ». En effet, l’esclavage a été très positif… pour les maitres esclavagistes ! Maintenant, si on veut aller plus loin, au lieu de s’en prendre à lui, il serait peut être important que nos « grands hommes politiques » puissent réfléchir à deux fois et mesurer leur propos qui, de toute évidence, ont des répercutions bien au-delà du souhaitable.


Quant-à-moi, depuis le 5 février, je me suis fait agressé verbalement 4 fois, bousculé 2 fois et pour passer incognito, je mets un jean’s... histoire de passer discret…  Avec tout cela, en ces temps ci, il ne fait pas bon vivre aux Antilles quand on est un peu trop clair…

J’ai habité à Los Angeles. Pendant les émeutes de 1992, et après les émeutes, le climat n’a plus été le même. Certes, les dégâts se sont élevés à 1 milliard de dollars, mais les bâtiments brûlés et les morts ont laissé dans la conscience des habitants un arrière goût amer, quand bien même les policiers blancs ont été rejugés.


En parlant avec les jeunes des quartiers sensibles, ceux-ci émettent le fait qu’ils ne sont pas entendu, et que les manifestations sont des manipulations politiques et syndicales dans lesquelles ils ne veulent pas entrer et dans lesquelles ils ne se sentent pas représentés! Ils attendent une chose : que le carnaval commence et là, pour reprendre leur propos, « on va tout brûler »! N’allons donc pas croire que lorsque le collectif obtiendra gain de cause, que cela va apaiser ces jeunes : il y a une frustration qui ne cesse de monter ; ils ne se sentent absolument pas représentés par les syndicats qui sont dans la rue, et on leur a refusé d’exprimer leur ressenti. Cette situation explosive risque de déboucher sur un carnaval meurtrier, et il n’y a pas besoin d’être prophète pour le dire !


On nous parle de comparer les prix avec la métropole. Mais qu’en est-il des îles voisines et de leur prix. Certes, les produits sont différents. Il serait intéressant de voir ce que les distributeurs comme Carrefour pratiquent dans les autres îles (comme à Santo Domingo, puisque c’est, il me semble, le groupe Hayot qui en a la charge) : et du type de produits, leur provenance etc… par exemple, les chips « Lays » pourraient-elles provenir de Puerto Rico plutôt que de Métropole ? La moutarde pourrait-elle venir du Québec ? Le lait en poudre du Venezuela ou autres, que sais-je ?


Qu’en sera-t-il, une fois que les Antilles auront obtenu gain de cause ? Un fort sentiment d’intouchabilité peut déboucher sur une permissivité sans frein avec laquelle les plus faibles, les femmes, et l’éthique au travail risquent d’être la cible d’individus qui se croiront tout-puissants. Il s’agira donc de reconstruire un bon sens et un lien social, en invitant chacun à la modération, à la discipline et au respect. C’est là qu’une action de médiation trouve particulièrement auprès de la société antillaise et des individus qui la composent. Qui se lèvera donc face à cette situation qui, avant d'être sociétale, est spirituelle ?

Par Pasteur Christophe Deville
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Mardi 3 février 2009

«  U La gwadloup sé ta nou, la gwadloup sé pa ta yo U »…

Un refrain bien entrainant et mobilisateur ! En regardant les images des manifestations en Guadeloupe, je n’ai pu m’empêcher de repenser à la situation du haut moyen-âge en Allemagne, avec la « révolte des paysans », qui embrasa l’Europe et permis à la Réforme de trouver un terrain propice à son expansion, grâce au terreau politique et économique qui présentait la situation Je me pose la question : comment se fait-il que Lyannaj kont Pwofitasyon, proche de l’idéologie de l’UGTG dont la velléité autonomiste n’est pas à démontrer, fait appelle aux autorités françaises pour résoudre des problèmes économiques locaux ? Pour moi, une seule coupable : LA BAGUETTE !


Lorsque je suis arrivé en Guadeloupe, j’avais vécu 3 ans ½ dans des pays anglophones :
l’Angleterre, les États-Unis et leCanada.


Au Québec, je souriais de ce désire de se revendiquer « français », alors que la culture et les coutumes, mêmes si elles prennent naissance dans le berceau hexagonal, sont calqués sur le modèle américain. Quelle surprise en arrivant « Downtown Pointe-à-Pitre » : des pharmacies à gauche, à droite, devant et derrière, alors qu’il me fallait parcourir des « miles » (pardon… des kilomètres) pour en trouver une dans un pays dit « occidental » comme le Canada ! J’étais à des lieues de la France, et la culture française, tout le style de vie y était reproduit à l’identique ! Quelle surprise ! Je retrouvais les mêmes bonnes choses… ainsi que les mauvaises manières françaises si décriées en Europe et dans le reste du monde. Bien que ma famille soit Guadeloupéenne, je suis né en Métropole, clair de peau, et j’ai vécu à l’étranger… Et d’un coup, ça m’est tombé dessus. Moi qui rouspétait de retrouver cette vielle mentalité française ici, dans mon pays d’origine, la Guadeloupe, je me suis vu interpelé dans la rue (et ce ne sera pas la seule fois) qu’en tant que « français », je n’avais rien à faire dans « leur » pays. Français moi !? Quelle insulte, venu de cet homme tenant un croissant dans une main et le tiercé de l’autre ! Pour moi le français, c’était lui ! Avec ses pharmacies, son tiercé, sa Peugeot, et SA BAGUETTE !


Je n’arrive même pas à trouver de la « marmite » dans ce pays !  Oui, je comprends Lyanaj Kont Pwofitasyon et son désir de libération des habitudes économiques… mais « Babylone » n’a-t-il pas déjà pris je dessus ? Ce que je veux dire par la est de savoir si le guadeloupéen est-il prêt à troquer sa Baguette contre de la Marmite ? Cette libération économique et idéologique passe inéluctablement par une conscientisation de « qui je suis » ? Je me réjouis donc de ce désire de prise de conscience, non dans les perfectives locales, mais humaines et mondiales. Ce que rencontre la Guadeloupe est l’expression d’une prise de conscience mondiale : celle que ce système produit des riches qui sont toujours plus riches… Les conglomérats économiques et les et consortiums politiques actuels conduisent le monde à sa ruine et à sa destruction.



Seul l’abandon entre les mains de Dieu et un retour au bon sens peut résorber cette fracture. La Guadeloupe n’est pas la propriété d’un parti, ni la partie d’un État, elle appartient à Dieu.
Crions-le et faisons de cette vérité biblique, une réalité !


«C'est chose notoire que l'homme ne parvient jamais à la pure connaissance de soi-même jusqu'à ce qu'il ait contemplé la face de Dieu, et que, du regard de celle-ci, il descende à regarder soi.»
                                                                            Jean Calvin Institution de la religion chrétienne.

Par Pasteur Christophe Deville
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Vendredi 28 novembre 2008

Il est un livre qu'un antillais se doit de lire... Tristes tropiques.

 

S'en doutait-il ? En 1955, Claude Lévi-Strauss sortait l'ouvrage qui allait transformer à tout jamais notre conception occidentale de l'autre. Redonnant sa dignité aux sociétés indigènes du Brésil central par la nouvelle perception qu'il propose. Plus que jamais, ce message est d'actualité, au regard des difficultés et différences culturelles qui semblent opposer pas seulement les nations entre-elles, mais des voisins entre eux.

 

Lévi-Strauss présente sa recherche ethnologique selon une théorie à partir de laquelle son terrain d’exploration paraît réduit à un rôle d’objet. Il nous semble que les questions suscitées sont déterminées en vertu d’un intérêt propre à l’homme de son époque (et par extension, l’homme de notre époque). Aussi, le terrain ne peut répondre que dans les termes de la théorie et dans les directions qui ont été prévues par Lévi-Strauss lui-même. Il est donc évident qu’il y a matière à réflexion dans cette opposition entre sens commun et sens théorique. Mais, dans la mesure où nous mettons en rapport l’éthique de l’éducation traditionnelle face à l’éducation moderne, quels sont les motifs qui nous permettront d’apprécier cette éthique, et plus précisément, la dynamique, s’il y en a bien une, de cette éthique. En effet, comme une théorie d’ensemble, certains ethno méthodologues croient qu'il faudrait interpréter le droit des peuples comme un modus vivendi, une manière de vivre s’accommodant du « naturel ». L’homme moderne, hyper technologique serait invité à se tourner vers cette éducation traditionnelle afin d’être en harmonie avec lui-même. N’est-ce pas, en quelque sorte, ce que nous remarquons avec le pragmatisme observé dans certains pays, et le désir des institutions françaises de s’en inspirer afin de l’appliquer, par exemple, dans le domaine de l’éducation. En effet, n’est-il pas vrai qu’il existe un désir de mettre plus en rapport l’université et le monde du travail afin de mieux professionnaliser le monde académique, comme c’est le cas de plusieurs pays anglophones. Cependant, si les principes du « droit des peuples » ne sont que le résultat d'un modus vivendi, cela a pour effet d'en limiter la portée universelle et donne à penser qu'ils doivent être subordonnés à des principes qui s'appliquent à des individus. On parle alors de « droit des gens ».

 

En contrepartie, Coulon introduit ce que nous pourrons appeler un principe correcteur moral qui va au delà d’une théorie de la justice et d’un principe de tolérance. Pour lui, d’avantage qu’une théorie constituée, il s’agira d’adopter une nouvelle posture (éthique) intellectuelle.

C’est dans ce sens que l’on peut établir une théorie mettant en présence le naturel et le culturel. Dans un premier temps, nous replacerons cette question dans le contexte rédactionnel de Lévi-Strauss, en tentant de présenter une situation, ensuite nous définirons la problématique soulevée par ce texte, en rapport avec la sociologie et plus précisément le lien social qui existe dans les sociétés dites premières. Enfin, non pas comme une conclusion, mais comme un dépassement, notre étude pointera du doigt les chemins empruntables pour une définition de l’éducation au sein d’une société postmoderne hyper technologique face à la recherche individuelle toujours croissante de l’épanouissement personnel.  Nous mettrons en gros plans les dérives que de telles positions génèrent, ainsi que les « chances », qu’elles engendrent, particulièrement dans nos sociétés des Antilles Françaises.

 

Par Pasteur Christophe Deville
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