Éducation

Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 23:45

socrate.gif Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute réputation de sagesse.

Quelqu'un vint, un jour, trouver le grand philosophe et lui dit :

- Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami ?

- Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j'aimerais te faire passer un test, celui des trois passoires.

- Les trois passoires?

- Mais oui, reprit Socrate. Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. C'est ce que j'appelle le test des trois passoires. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai?

- Non.. J'en ai seulement entendu parler...

- Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité. Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ?

- Ah! non. Au contraire.

- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain qu'elles soient vraies. Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire, celle de l'utilité. Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?

- Non.. Pas vraiment.

- Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?

 

Si chacun de nous pouvait méditer et mettre en pratique ce petit test... le monde se porterait peut-être mieux...

Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 14:40
Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation
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Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 16:20

Voici un article issue du site du collectif du RASED... quelque peu épuré des propos un peu trop "médisant"...

vous trouverez l'original de l'article en cliquant ici

 

"Le plus grave ce n’est pas qu’il n’ait pas tous ces diplômes", c’est qu’il embelisse son vrai CV...

 

sarko.jpgLe surdoué qui nous gouverne : Sarkozy, un sous-doué à l’Elysée Mais pourquoi tant de haine envers le corps enseignant en général et les chercheurs en particulier ? Tout simplement parce que il souffre du complexe du "cancre parvenu". 

Il fut par le passé élève médiocre, bachelier médiocre et étudiant médiocre. Mais aucune trace de cette médiocrité dans son curriculum vitae. Et pour cause, il l’a customisé ! Officiellement Nicolas Sarkozy serait titulaire :

- d’une maîtrise de droit privé,

- d’un certificat d’aptitude à la profession d’avocat,

- d’un DEA de sciences politiques obtenu avec mention et

- aurait fait des études à l’Institut d’Etudes politiques de Paris.

 

Waouh ! Mais, la plupart de ces titres universitaires sont faux. Une enquête menée par Alain Garrigou, professeur de sciences politiques à Nanterre le prouve (http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article219).

En parcourant l’annuaire des anciens élèves de Sciences Po, il a pu constater que Sarkozy de Nagy Bosca n’y figure pas,ce qui signifie qu’il n’a pas mené ses études à leur terme.

 

 

 

Et son DEA ? Pourquoi n’en trouve-t-on aucune trace dans les archives de Paris X Nanterre ? Tout simplement parce que si le candidat Sarkozy apparaît bien dans le procès verbal de la première session, il est ajourné pour ne pas s’être présenté à l’épreuve écrite terminale et n’avoir pas rendu son mémoire.

 

Et son certificat d’aptitude à la profession d’avocat ? Obtenu sur le fil avec la note médiocre de 20/40 (7/20 à la première épreuve et 13/20 à la seconde)

 

Mais rappelons aussi, pour compléter le tableau, les notes obtenues au bac par le candidat 18917 en 1973 (Jury 80, lycée Molière) :

- 7/20 à l’épreuve écrite de français et 12 à l’oral (voilà pourquoi il s’exprime toujours dans un idiome approximatif)

- 9/20 en philo

- 8/20 en maths (il a néanmoins su s’augmenter de 200 % !)

- 10/20 en anglais “magnifical” s’exclama-t-il un jour en présence de la reine d’Angleterre)

- 11/20 en économie (on n’est pas sorti de la crise ! ).

 

Avec 142 points sur 300, le candidat fut recalé et fut obligé de se présenter au rattrapage. Ne nous étonnons donc plus des propos qui sortent donc de la bouche de ce  personnage qui a tant souffert de ne jamais avoir été reconnu, à sa juste valeur par ses professeurs.

Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation - Communauté : Pasteurs de France
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Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 22:13

Alain Bentolila est l'auteur de l'ouvrage "quelle école maternelle pour nos enfants" ?

alain-bentolilia.jpg"Le défi de Babel" devrait bientôt paraître, aux éditions Odile Jacob. La réflexion de monsieur Bentolila ne nous laisse pas indifférents, dans la mesure où nous nous trouvons en situation certes de "bilinguisme", mais surtout de diglossie ! Les étudiants de l'UAG ont probablement été confrontés, depuis quelques semaines, aux apports des étudiants venus de Haïti qui, quand bien même utilisent le français, ne sont pas ignorants concernant les concepts de "langue dominée" et "langue dominante" (c'est à dire que même si la langue la plus utilisée en Haïti est le Créole, c'est le français qui exerce une certaine "domination" culturelle). Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons rétablir un équilibre afin de cesser la stigmatisation qui s'opère sur des individus trop souvent étiquetés comme étant à la marge d'une certaine société. Nous demeurons convaincus que de la "mangrove urbaine" sort des richesses inexploitées en mesure de bouleverser notre région et le reste du monde. Voici donc quelques pensées de monsieur Bentolila à méditer avec bienveillance...

 

« Haïti, terre francophone ! », clamaient nos responsables politiques en se lamentant (bien tard !) sur l’état de dénuement dans lequel ce pays se trouvait après le séisme. Francophone, donc, Haïti, devenue soudain si chère à nos cœurs tricolores ! Comment peut-on être aussi ignorant ? Aussi cynique ? Haïti compte au mieux 5 à 10 % de francophones ; le reste de sa population est créolophone et largement analphabète. Et la langue créole est une langue qui n’autorise pas la compréhension du français de même que la maîtrise du français ne permet pas la compréhension du créole haïtien. Le fait qu’une partie du lexique créole soit d’origine française ne permet pas à un petit Haïtien, qui n’en a d’ailleurs aucunement conscience, de comprendre le français. Pas plus qu’un petit Sénégalais wolophone n’a accès à notre langue dont nous partageons l’officialité avec le Sénégal.

Nous nous gargarisons depuis des dizaines d’années d’une francophonie rêvée qui est censée nous consoler de la perte « cruelle » de nos colonies. Nous avons créé des ministères de la francophonie, des délégations à la francophonie aussi inutiles que coûteux. Nous entretenons à grands frais des organisations internationales qui ne changent rien au destin éducatif et social des populations de ces pays que nous nous obstinons à dire francophones. Des hommes politiques et de hauts fonctionnaires sillonnent ainsi le monde, des colloques sont organisés de façon répétitive, des revues de médiocre valeur se complaisent à présenter la merveilleuse diversité des parlers français à travers le monde. Et pendant ce temps des pays dits francophones voient leurs systèmes éducatifs tomber en ruine, tandis que leurs populations, de moins en moins capables de parler français, s’enlisent dans un analphabétisme endémique qui interdit tout espoir de développement et de libre-pensée.

Plus de 50 % d’analphabètes au Maroc, plus de 60 % au Sénégal, plus de 80 % en Haïti : voilà l’état dans lequel se trouve la francophonie dont nous sommes si fiers. Certes émergent de ces populations qui ne savent ni lire ni écrire quelques plumes d’exception qui manient merveilleusement la langue française ; certes nous éblouissent de leur talent d’orateur quelques universitaires que les campus américains n’ont pas encore séduits ; certes nous enchantent par leur capacité de citation littéraire quelques esprits brillants. Ce sont eux qui font le charme un peu désuet, mais combien agréable, de ces soirées d’ambassade, de ces débats où l’on se sent si bien entre nous. Ces « survivants » ne doivent en aucun cas nous cacher une réalité épouvantable : celle de ces millions de petits enfants qui entrent dans le couloir de l’analphabétisme dès l’instant où ils poussent la porte de l’école.

Un enfant ne peut apprendre à lire et à écrire dans une langue qu’il ne parle pas. Quelle que soit la méthode de lecture choisie, quelle que soit la démarche pédagogique empruntée, cet enfant a fort peu de chance de parvenir à lire et à écrire. Les systèmes éducatifs marocains, algériens, et subsahariens sont des machines à fabriquer de l’analphabétisme et de l’échec parce qu’ils n’ont jamais voulu (ou su) résoudre la question qui les détruit : celles des choix linguistiques. Arriver à cinq ou six ans dans une école et y être accueilli dans une langue que sa mère ne lui a pas apprise est pour un enfant une violence intolérable. Être confronté à des mots écrits qui ne correspondent à rien dans son intelligence est pour un élève la promesse de ne jamais apprendre à lire.

Prenons le cas, par exemple, de la plupart des petits Sénégalais. Ils arrivent à l’école en parlant wolof ou serer, et pratiquement pas un mot de français. Cela signifie qu’ils n’ont aucun dictionnaire mental constitué au moment d’entrer dans l’apprentissage de la lecture. Leur maître d’école va, tant bien que mal, tenter de leur inculquer les mécanismes des relations qui, dans notre langue, relient les lettres qui composent les mots aux sons qui leur correspondent. Ces élèves vont parvenir laborieusement à mémoriser ces correspondances et donc être capables de traduire en sons du français ce qu’ils découvrent en lettres de notre alphabet. Mais à quoi rime cette nouvelle compétence si chèrement acquise si le bruit du mot ainsi fabriqué n’active rien dans le cerveau de l’enfant, tout simplement parce qu’il ne possède pas le moindre vocabulaire français ? À rien, bien sûr. À rien ! Ne l’oublions pas, apprendre à lire ce n’est pas apprendre une langue nouvelle, mais retrouver, sous une autre forme, une langue que l’on connaît déjà.

La tragédie du petit Sénégalais est la même que celle du petit Haïtien créolophone brutalisé par une école en français ; elle est encore pire pour le petit Marocain qui, s’il est berbérophone, doit franchir une triple barrière : arabe dialectal, puis arabe classique, puis français. S’il est arabophone, il doit tout de même s’accommoder (mais comment le peut-il ?) à l’arabe classique, puis au français, condition de sa réussite sociale. Pour tous ces enfants, apprendre à lire est une mission impossible. Malgré tous leurs efforts, malgré toute leur volonté, la maîtrise de l’écrit reste inaccessible. L’école de ces pays préserve jalousement les privilèges linguistiques culturels et sociaux d’une élite, d’ailleurs de moins en moins francophone, pour le plus grand malheur de l’immense majorité de leurs populations.

Bien des réformes, des chartes, des plans se sont succédé ; aucun n’a réussi à imposer la nécessité de construire un système éducatif au service d’un développement endogène. La faillite de l’école marocaine, algérienne, sénégalaise est une des causes de la fuite aveugle des échoués du système. Seule une redéfinition de l’éducation sur la base de véritables choix linguistiques et économiques peut constituer un horizon d’espoir pour ces peuples. C’est aussi, à long terme, pour la France la seule réponse sérieuse à une immigration que la désespérance rendra de plus en plus incontrôlable.

S’il est une promesse que l’école des pays faussement qualifiés de francophones doit tenir, c’est celle de distribuer de manière équitable les chances de participer utilement à la vie économique et sociale de sa communauté ; cela passe par la maîtrise de la langue maternelle ET du français. Sans cela, elle laissera sur le bord du chemin une part de plus en plus importante de sa population et formera des candidats désespérés à l’immigration ou des proies faciles pour le premier prédicateur venu. En insécurité linguistique dans leurs langues maternelles comme en français, les échoués du système sont incapables de mettre en mots le monde, incapables de contribuer efficacement au développement de leur pays. Car il ne faut pas croire que, faute de savoir parler, lire et écrire le français, ils maîtriseront leurs langues nationales. Loin de là. Des enquêtes récentes menées au Maroc montrent que parmi 11 000 étudiants des universités de Casablanca, plus de 40 % ont autant de difficulté en français qu’en arabe. Incapables de prendre des notes, incapables de lire un article de quelques pages en quelle que langue que ce soit.

On a ainsi laissé se creuser au sein même de ces écoles un fossé linguistique et culturel qui prive plus de la moitié des élèves de tout espoir de réussite scolaire et rend incertaine leur destinée sociale. Plus de la moitié d’une classe d’âge quitte les cursus scolaires après moins de cinq ans d’une scolarité qui ne leur a pratiquement rien appris. Ils seront livrés à un monde dangereux dans lequel ils ne sauront pas déjouer les propositions des passeurs cupides et des prédateurs d’âmes qui, les uns comme les autres, les conduiront à la désillusion, à la prison ou à la mort. Échec scolaire, échec professionnel, échec intellectuel, voilà où conduit l’incapacité de mettre en mots sa pensée. La défaite linguistique de l’école de ces pays amis manifeste le renoncement des responsables politiques à former intellectuellement les élèves. Elle dénonce aussi l’échec d’une coopération française inefficace, complaisante et cynique. Cette collusion prive ainsi la jeunesse algérienne, marocaine, sénégalaise de tout espoir d’agir utilement et pacifiquement sur leur propre monde. Si l’on veut donner une chance à ces élèves, il faut d’abord reconnaître leur droit d’être accueillis dans une école qui parle leur langue, celle que leurs mères leur ont apprise. Cette condition n’est pas négociable si l’on veut que ces enfants aient une chance d’apprendre leur métier d’élève. L’accueil en wolof ou en serer au Sénégal, en berbère ou en arabe dialectal au Maroc ou en Algérie, en créole en Haïti constitue un tremplin nécessaire à l’apprentissage des langues nationales et du français, d’abord à l’oral, puis dans leurs formes écrites.

Dans une telle perspective, une urgence s’impose : le développement des écoles maternelles qui font cruellement défaut dans ces pays. C’est pendant le temps préscolaire que l’école aura la possibilité de familiariser les élèves avec la langue dans laquelle on leur apprendra ensuite à lire et à écrire. Ainsi pendant un an au moins, le petit Sénégalais vivra sa vie d’élève de maternelle en wolof ou serer, tout en apprenant à maîtriser le français oral. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra s’engager dans l’apprentissage de la lecture en français.

Alain Bentolila.

Par Pasteur Christophe Deville - Publié dans : Éducation
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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 00:12

Nous sommes en situation ou beaucoup de jeunes subissent l'illettrisme. Alain Bentolila[1] est professeur de linguistique à l'université de Paris V-René Descartes. Poète à ses heures perdues, depuis 1997, il dirige les recherches sur la mesure et les causes de l'illettrisme en France. Il a su, ces dernières années sensibiliser l’opinion publique. La lutte contre l'analphabétisme a masqué selon lui, le besoin de combattre l'illettrisme. Il est donc primordial de définir l’illettrisme par rapport à l’analphabétisme.

 

En premier, l’analphabétisme est réservé aux personnes qui n’ont pas été scolarisées, qui n’ont pas bénéficié d’un enseignement de la langue écrite. La définition se réfère donc à la fois au critère de l’absence de scolarisation et à celui de l’absence de la connaissance de langue écrite. Ainsi l’analphabétisme se distingue de l’illettrisme, qui désigne des personnes qui ont été scolarisées et alphabétisées. Le concept d’illettrisme quant à lui n’est apparu que dans les années 70. Sont considérées comme relevant des situations d’illettrisme les personnes de plus de seize ans ayant été scolarisées et ne maîtrisant pas suffisamment l’écrit pour faire face aux exigences minimales requises dans leur vie professionnelle. Ces personnes ont peu ou mal acquis les savoirs premiers pour des raisons sociales, familiales ou fonctionnelles et n’ont pu user de ces savoirs et/ou n’ont jamais acquis le goût de cet usage. Il s’agit d’hommes et de femmes pour lesquels le recours à l’écrit n’est ni immédiat, ni spontané, ni facile et qui évitent et/ou appréhendent ce moyen d’expression et de communication.

 

L’illettrisme était cependant déjà connu sous le concept d’Analphabétisme Fonctionnel si bien présenté par l’UNESCO : - « Est fonctionnellement analphabète toute personne incapable de lire et d’écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec sa vie quotidienne. »[2]. Ce terme, d’analphabétisme fonctionnel est beaucoup plus usité dans la francophonie (Belgique, Afrique francophone, Haïti) qu’en France. Il a le mérite de placer le problème non pas dans la personne, mais dans le contexte que rencontre la personne en situation l’analphabétisme fonctionnel ouvrant ainsi le champ des possibles. Alain Bentolila fait le postulat que « la langue orale et écrite constitue une promesse plus qu’une menace ». Cette affirmation ne peut être faite qu’avec un certain recul. En effet la psychologie démontre qu’une personne qui suit un programme d’alphabétisation passe par une étape de remise en question déstabilisante dans le rapport qu’il a non seulement à lui même mais aussi à son environnement et aux autres. On comprendra alors très bien qu’une réelle menace existe.  Après une « idolâtrie statistiquaire », Alain Bentolila  pose l’illettrisme comme étant de fait de l’exclusion. C’est une vision trop simpliste et réductrice. Il est très important de comprendre que ce n’est pas l’illettrisme qui est de l’exclusion mais que cette situation joue à l’encontre de l’insertion et favorise la marginalité. Il étale les chiffres sans entrer dans le questionnement primordial. Nous reconnaissons là le sociologue dans sa phase descriptive. Un regard plus philosophique aurait permis d’autres ouvertures en développant le thème de l’écoute, tel qu’il l’aborde : « l’écoute attentive que la grand-mère et le grand-père accordaient au jeune enfant, la parole qu’ils lui adressaient avec moins de hâte, plus de sérénité… »[3]. Il est donc juste de parler de violence à ne pas maîtriser la langue. La langue est cependant appeler à évoluer au risque d’informer plus que de communiquer. Si nous communiquons, c’est parce que nous ne nous comprenons pas. La communication humaine est édifiée sur la non-compréhension. Nous ne nous comprenons pas donc, nous communiquons. Si on se comprenait, on ne communiquerait pas ! On s’informerait. Les abeilles s’informent l’une, l’autre. Les fourmis font la même chose. Le corollaire à cela est que lorsqu’une abeille amène un signal, toutes les abeilles d’un même type, les ouvrières par exemple, comprennent toutes de la même manière ce signal. La conséquence, et peut être la cause, est que toutes les abeilles, en tout cas toutes les ouvrières, sont IDENTIQUES. Elles sont les mêmes. Elles sont programmées de la même manière. Donc si on veut un monde où on se comprend, et bien cela veut dire qu’on veut une société dans laquelle tout le monde est exactement dans le même cadre. Rien que des clones ! C’est ainsi qu’on se comprendra. Or, et justement, la diversité humaine, c’est sa richesse. Nous ne nous comprenons pas, et donc nous avons besoin de cette communication où nous allons mettre, au regard l’un de l’autre, ce qu’on comprend derrière les choses, derrière les mots, derrière ce que l’on a fait, derrière ce que l’on a dit pour trouver un terrain d’entente. C’est cela la compréhension, c’est d’avoir un minimum de terrain de compréhension, c'est-à-dire de terrain partagé. Ainsi, on peut toujours dire qu’il faille améliorer la communication, que les jeunes rencontrent un problème de socialisation, mais  en pensant bien qu’il ne faudrait jamais arriver à une compréhension totale[4]. Le lien est tout fait pour parler des « innovations linguistiques ». Pour Alain Bentolila ces mots « recyclés »[5] sont souvent presque vides d’information. Cet aspect ne devrait pas être dénigré. Nous ressentons une connotation péjorative lorsqu’il parle de « Mots de communions plutôt que mots de communication »[6]. L’analyse faite plus haut marque la pertinence de notre propos. En abordant  « la nécessité de permettre à chaque citoyen de transmettre à l’autre sa pensée de la façon la plus juste et la plus précise… », Alain Bentolila commet l’erreur, selon nous[7], de n’envisager l’alphabétisation que sous le regard d’une langue conceptuelle. C’est avec regret que nous devons faire le constat que c’est ce type d’approche qui conduit certains jeunes de cultures linguistiques métaphoriques à subir l’échec. Le français fait parti d'une famille de langues mondiales qu'on appelle « les langues conceptuelles ». Alain Bentolila avant de conclure son approche fait un détour politique sans pour autant percer les profondeurs du problème. Il d écrit plus qu’il ne questionne avec cependant une inspiration légère due à son talent poétique. Il achève avec une opposition littéraire qui cependant ne nous laisse pas indifférent. En fait, en le lisant, nous prenons un plaisir à le lire tant la plume est belle et fluide. C’est ainsi que nous laisserons notre homme, reconnaissant en lui un homme de lettres qui a la capacité de nous transporter plus sur les montagnes galvanisantes de la forme que de nous faire arpenter les mythiques cavernes du savoir antique.  

 

L'illettrisme Républicain

La question de l'illettrisme est devenue très banale dans la problématique de l’insertion sociale des jeunes, au début des années 80. Le terme d'analphabétisme avait été développé par l'Unesco. L'analphabétisme renvoyait aux immigrés. Dans les années 70, les anglo-saxons ont largement contribués à soulever cette problématique. Questionnée sur ce sujet, les universitaires français répondent qu’il n'y a pas d'analphabète en France. Cependant, en 1982 le GPLI (Groupe Permanant de Lutte contre l'Illettrisme) voit le jour.  On a reconnu un problème qui existait (ou plutôt on lui a donné un nom). En fait, l'illettrisme revêt une dimension politique. Il y a deux idées fortes qui émergent des rapports. En résumé, l'illettrisme est un problème car il entraine des difficultés dans :

-       la vie quotidienne (le transport, suivre ses enfants à l'école),

-       l'emploi,

-       les administrations,

-       citoyenneté (c'est un peu précurseur).

Le rapport utilise les deux termes de façon confondue. Un deuxième point à relever : le rapport appelle à une prise de conscience. Ce sujet est important, car notre société connaît bel et bien un problème d'illettrisme.

 

L'illettrisme à l'école

Pour répondre à la problématique de l’insertion sociale des jeunes articulée en rapport avec l’illétrisme, Philippe Perrenoud fait le postulat d’une démarche interdisciplinaire[8].                

« Interdisciplinarité », « pluridisciplinarité » sont des concepts qui suscitent la prolifération de laboratoires, suite entre-autre, au questionnement en rapport à l’éducation et plus pertinemment face à la réforme de l’éducation en  université. On s'aperçoit ici encore que la laïcité est devenue en France une religion, donc une croyance au même titre que toutes les autres bien que nombreux sont ceux qui s’en défendent. C’est une dérive contre laquelle il nous faut lutter si nous ne voulons pas sombrer totalement dans la pensée unique. Et nous n'en sommes plus loin ! Philippe Perrenoud distingue donc trois registre dans la fabrication de l’échec scolaire.

Ø Les concepts d’échecs et de réussites doivent être relativisés. Cela présuppose et soulève la question  des valeurs qui nous font défauts,

Ø Les critères d’appréciation font appel à une norme d’excellence. Là encore, en vertu de quels critères pouvons-nous affirmer qu’il s’agisse bien d’excellence ?

Ø Constatation est faite que cet échec est lié au système.

 

Il est ainsi aisé de comprendre la raison pour laquelle Philippe Perrenoud pose l’interdisciplinarité comme fondement à son analyse. En effet sans valeur, sans éthique comme base, aucun système ne peut être élevé et est donc voué à l’échec. Nous ne pouvons que constater que la philosophie de l’éducation n’a que trop longtemps été engloutie sous une pile de disciplines faisant d’elle une matière archaïque, voire inutile. L’évaluation scientifique posant des critères de suffisances et d’insuffisances, est-elle le reflet d’une réalité humaine faisant appel à la vie ? Nous dirons ici la grande différence qui existe entre un steak au congélateur et un steak placé sur le grill et prêt à être déguster. Il peut pourtant s’agir du même steak. La différence est dans le feu de la vie qui lui donne toute sa saveur (que les végétariens en cet endroit m’accordent cette image). Prise de conscience donc[9] mais nécessité de régularité. Constatation est faite trop souvent qu’on passe d’une réforme à l’autre sans avoir fait le bilan de ce qui a été effectué cela avec une logique implacable – qu’il soit question d’une réforme de gauche ou de droit - : celle du non-sens.

Ces critères d’excellences qui nous sont imposés révèlent l’artificialité de la démarche. Une véritable contrefaçon réductrice et simpliste. Ce qui ne serait qu’un constat sociologique sans gravité nous alarme cependant puisqu’il s’agit de vies humaines qui sont en jeu. Cette évaluation aux teintes édulcorées proclame et produit les inégalités, la marginalité et l’exclusion. Où en est-on alors de la sacro-sainte valeur républicaine de Liberté-Egalité-Fraternité ? Cette démocratie peut ainsi facilement conduire à l’auto-exclusion. Si nous sommes les enfants de nos parents, il n’en demeure cependant pas moins vrai que nous sommes les parents de nos enfants et hypothéquer ainsi l’avenir est passible d’un jugement tout autre sur la place de l’humanité que nous occupons. Nous pouvons nous poser la question du poids des normes d’excellence et du curriculum dans la fabrication de l’échec. Le postulat de Philippe Perrenoud est grave, car il pose l’institution comme acteur de l’échec. Les « méta-tests » qu’en retrouve dans les pays anglo-saxons, mais aussi au Canada en Suisse et en Belgique sont des pistes que Philippe Perrenoud n’aborde pas en cet endroit. Ces cinq dernières années ont été très productives et de toute évidence, l’auteur aurait abordé ce sujet si cet article devait être rajeuni au regard de cette évolution historique. En établissant la filiation avec Bourdieu (1960) et Bernstein (1980), sans nul doute Philippe Perrenoud se situe dans le prolongement d’une pensée réflexive et liée au langage symbolique. Pour Philippe Perrenoud « expliquer la fabrication de l’échec scolaire, c’est donc aussi analyser l’influence de tous ce choix institutionnels, politiques et pédagogiques ».[10]

 

La fabrication des inégalités réelles

Lorsque certains disent (Durkheim en premier) qu'il est nécessaire pour un bon équilibre de la société d'avoir une partie des gens qui soient dans la déviance, nous sommes d’accord, mais, en tant que sujet humain, nous ne pouvons pas nous satisfaire de cela. Philippe Perrenoud revient en sa conclusion à un aspect plus pragmatique. Les fonctionnements mis en évidence contribuent à la fabrication de l’échec scolaire. D’une façon assez simpliste : fatalisme ou élitisme, à nous de choisir mais il nous appartient, à nous acteur de l’éducation d’ouvrir une voie alternative la conviction qu’en se levant, chaque matin, nous contribuerons à rendre le monde dans lequel nous vivons meilleur et que nous-mêmes, nous ne nous y coucherons pas, le soir venu de la même manière dont nous nous y sommes levé le matin, laissant ainsi un témoignage à la génération à venir. La scolarisation marche très fort. 50.000 personnes quittent l'école sans diplôme chaque année. Les savoirs acquis se sont ils bien préservés ? Ce qui est intéressant de noter : en 1980 : 200 000 personnes quittaient l'école sans diplôme ! C’est vrai qu'on a créé les baccalauréats professionnels. Le niveau baisse en même temps que de l'autre côté, les diplômes sont de plus en plus nombreux. On observe que les élèves d'hier ne faisaient pas plus d'erreur qu'aujourd'hui.

 

L'illettrisme à l'armée

Il est difficile d'avoir des données comparables sur une longue période. Les tests sont les mêmes depuis les années 50. Une étude a été réalisée par deux sociologues[11]. Cette étude utilise une enquête sur les conscrits. Les tests montrent qu'il y a une amélioration des conscrits tant chez les plus forts que chez les plus faibles. Certains évoquent l'allongement de la scolarité. Une deuxième approche. Est-ce que les personnes qui ont eu le BEP en 1970 ont un meilleur score que ceux de notre période. Le résultat est que les BEP, Brevet des collèges sont les niveaux qui ont baissés. Mais, dans un cadre général, le niveau a monté. On peut s'interroger sur la fiabilité des tests militaires. Il faut prendre en considération le but de ces tests qui sont là pour orienter le conscrit. Depuis 1996, les tests spécifiques ont été conçus pour mesurer l'illettrisme. Nous constatons qu'il ne s'agit que de tests pour les jeunes. Une seconde inconnue à relevé : celui des femmes qui, elles, ne sont pas, pour la plupart d’entre-elles, représentées.

 

L'illettrisme paradoxal

Les jeunes maitrisent de mieux en mieux les lettres et le savoir or le problème de l'illettrisme devient de plus en plus préoccupant. Ce qu'on attendrait comme discours, c'est que jamais dans l'histoire de la France nous n'avons eu un niveau si élevé. Le discours se situe autour de l'école et l'armée historiquement où s'est réalisée l'alphabétisation des français. La première question : combien sont-ils ? Qui sont-ils ? En 1984 on a comme rapport officiel est que les chiffres peuvent changer selon les méthodes. Il est surprenant qu’on ne retrouve que les chiffres de la presse. Il ne parait pas possible, de proposer un chiffre quelque peu précis. Les illettrés doivent plus se compter par millions plutôt que par centaine de mille. Pour eux le dénombrement n'est pas primordial, sinon pour frapper l'opinion public. « L’incertitude sur les nombres ne nous dispense pas d'agir »[12]. Ce rapport semble très curieux. Comment, sur cette base-là, peut-on mettre en place des mesures sur l'illettrisme ? Si le nombre d'illettrés régresse, la prise en compte ne peut pas être la même que si il y  augmentation ! Comment alors évaluer et sur combien de temps ? Le rapport est donc un peu inquiétant. N’y a-t-il pas inversion dans la méthodologie lorsque le GPLI lance des dispositifs afin de lancer des estimations ?

 

Les estimations

Les chercheurs, les statisticiens ont menés des enquêtes sur ce sujet. Ces recherches ne sont pas très nombreuses. 5 études ont étés réalisés depuis 1986. (4 études sont véritablement intéressantes).

- INSEE 1986                     9 %                           (3,3 millions)

- INFOMETRIE    22%                           (7,8 millions)

- INSEE 1994        (non fourni)               (2,1 millions)

- INSEE 2002         12 %                          (sans chiffre)

- INSEE 2005          9 %                            (3,1 millions)

 

La littératie

La littératie, c'est la capacité à comprendre un texte. C'est l'inverse de l'analphabétisme fonctionnel. Les tests utilisent toutes sortes de documents (notices, etc…). La dernière étude de l'INSEE s'appuie sur des tests. Les chiffres scientifiques : 9 %  - 22% -  41 % - 75% ne reflètent pas la réalité. C'est donc la démarche inverse : l'illettrisme vise à mesure ce qu'on ne sait pas tandis que la littératie vise à mesurer ce qui est su. De 1995 à 2000 L'OCDE a mené enquête au sein de 8 grands pays industriels : USA, Canada, France, Allemagne, Italie, Belgique, suisse, Pologne. Les « basic skills » (connaissances de bases) reprennent l'analphabétisme fonctionnel. Or, il a été refusé de publier les chiffres pour la France. Là, le taux en France était de 40 % à l'avant dernier rang avant la Pologne. A présent, posons la question de savoir QUI souffre de cette situation ?

Ø Des personnes âgées,

Ø Issues de famille nombreuses,

Ø Plus des hommes que des femmes,

Ø Plus rural qu'urbain,

Ø Des personnes dont les parents n'ont pas été scolarisés,

Ø De famille d'agriculteurs,

Ø Manque d'affection dans l'enfance,

Ø Sortie de l'école au niveau de la troisième.

 

Or, dans la presse, on entend encore très souvent que les illettrés sont « les jeunes de banlieue ».

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

BAUDELOT Christian et ESTABEL Roger, « Le niveau monte, réfutation d’une vieille idée », Éd. Le Seuil, Paris, 1999, 224 p.

 

BENTOLILA Alain, in Jean-Philippe RIVIERE, « Illettrisme, la France cachée », Editions Gallimard, Paris 2001, xx pages, (Préface pp. 9-24).

 

BOUDON Raymond, « Renouveler la démocratie », Éditions Odile Jacob, Paris, 2006, 300 p.

 

BOURDIEU Pierre et Passeron Jean-Claude, « Les héritiers. Les étudiants et la culture », Editions de minuit, Paris, 1964, 188 p.

 

DESHAYES Gérard, « Un Illettrisme Républicain », Éd. L’Harmattan, Paris, Novembre 2006, 180 p.

 

DUFOUR Dany-Robert, « La fabrique de l’enfant ‘Post-Moderne’ », Le monde diplomatique, Novembre 2001.

 

DUFOUR Dany-Robert, « Le Divin Marché : la révolution culturelle libérale », Denoël, Paris, 2007.

 

DURKHEIM Émile, « les règles de la méthode sociologique », Éd. Flammarion, Paris, 1988, pp. 95-107.

 

FUMAROLI Marc, «  Education libérale ou communication culturelle » ?  In Commentaire, 2006-12, n° 116, p. 893-901.

 

GORZ André et ROBIN Jacques, « Pour l’emploi autrement », Libération, 24 février 1994

 

MATTEI Bruno,  « L'éducation en panne d'humanité», in Cultures en mouvement N° 40, septembre 2001, pp. 39-41.

 

MICHEA Jean-Claude, « L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes », Éditions Climats, 2006, 96 p.

 

MORIN Édgar,  « Les sept savoir nécessaire à l’éducation du futur », Éd. Du Seuil, Paris, 2000.

 

PERRENOUD Philippe, « La triple fabrication de l’échec scolaire »  In Psychologie française, n° 34/4, 1989, pp. 237-245. Repris in Pierre-humbert, B. (dir.) L’échec à l’école : échec de l’école, Paris, Delachaux et Niestlé, 1992, pp. 85-102.

 

RUFIN Jean-Christophe, « L'empire et les nouveaux barbares », Ed. Lattès, Paris, 2001, 247 p.

 

SCHWARTZ Bertrand, « Rapport sur l'insertion professionnelle et sociale des jeunes », Ed. Apogé, Paris, 20072, 240 p.



[1] Jean-Philippe Rivière, « Illettrisme, la France cachée », Editions Gallimard, Paris 2001, xx pages. Préface d’Alain Bentolila, pp. 9-24.

 

[2] Source Internet : http://www.alfacentre.org /lr_illettrisme/definitions.htm

[3] Alain Bentolila  in Jean-Philippe Rivière…, op.cit., p. 13.

 

[4] Sinon, nous risquons de tomber dans la pensée unique d’un totalitarisme idéologique.

 

[5] Les SMS, texto, etc.

 

[6] Idem, p. 17.

 

[7] Et avec tout le respect et l’admiration que nous pouvons porter à un tel homme.

[8] Philippe Perrenoud, « La triple fabrication de l’échec scolaire »  In Psychologie française, n° 34/4, 1989, pp. 237-245. Repris in Pierre-humbert, B. (dir.) L’échec à l’école : échec de l’école, Paris, Delachaux et Niestlé, 1992, pp. 85-102.

 

[9] Idem, p. 87.

 

[10] Ibid., p. 96.

 

[11] Christian Baudelot et Roger Estabel, « Le niveau monte, réfutation d’une vieille idée », Éd. Le Seuil, Paris, 1999, 224 p.

 

[12] Idem, p. 38.

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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 13:51

Vous l’avez cminority_report.jpgertainement vu, le film « Minority Report » reprend l’idée du Concept d’Intention. L’idée phare et chère à la relativité temporelle est de répondre à la question de savoir si ce que nous pourrions faire s'il nous était donnée l'opportunité de remonter dans le temps, à l’époque où Adolphe Hitler, lorsqu'il n’était qu’un simple caporal dans l’armée allemande lors de la première guerre mondiale… et si nous avions l’occasion de supprimer un tel personnage pour qu’il ne commette pas les atrocités dont il s’est porté coupable… que ferrions-nous ?
L’anthropologue Alessandro Duranti a donc présenté le concept d’intention (à ne pas confondre avec le concept d'intentionnalité). Dans cette problématique, on s'intéresse souvent aussi au lien de causalité entre un agent et les effets des actions réalisées par cet agent.

Dans notre cas ce ne sont pas les actions en elles-mêmes qui attirent notre attention, mais l’articulation entre  l'agent et les effets dont il est la cause. Ce point de vue sur les actions est important quand on veut déterminer les agents qui sont responsables d'un certain état des choses. Afin d’identifier la pertinence de notre réflexions,  on peut se poser la question de savoir qu'est-ce qui détermine les actions réalisées. Si on fait l'hypothèse que les agents ont un comportement rationnel, ils réalisent les actions qui contribuent à satisfaire leurs intentions.

1/ La capacité de réaliser une action, (à ne pas confondre avec la compétence qui représente une connaissance nécessaire, mais qui demeure insuffisante pour la réaliser),

2/ L’opportunité dans laquelle s’inscrit cette capacité,

3/Le temps qui inscrit l’action dans une durée,

4/ Mais aussi la connaissance de soi, la croyance de l’environnement et l'intuition entrent dans cette equation. Il est possible de décliner le concept d’intention en concept d’intention direct et concept d’intention spécifique.

Appliqué aux apprentissages, cela nous conduit naturellement au concept de synchronicité (ne pas confondre avec le synchronisme) établit par le psychologue Karl JUNG  Dans les Cahiers de Psychologie jungienne, n°28, 1er trimestre 1981, nous trouvons à la page 2 cette définition de la "synchronicité". Jung écrit :

"J'emploie donc ici le concept général de synchronicité dans le sens particulier de coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue. Le terme s'oppose à "synchronisme" qui désigne la simple simultanéité de deux évène­ments. La synchronicité signifie donc d'abord la simultanéité d'un certain état psychique avec un ou plusieurs événements parallèles signifiants par rapport à l’état subjectif du moment, et - éventuellement - vice-versa."

Une situation didactique est ainsi composée d’une part intersubjective qui fait coexister l’enseignant et les élèves face au savoir en jeu. Pour Duranti, comme pour Jung, cette connexion ne s’établit pas dans l’abstrait de la pensée, mais a partir d’une intersubjectivité co-opérative. Jung fait intervenir le savoir issu de l’inconscient. Il est suivi par Karl Popper (son indéterminisme s’oppose au déterminisme) et Antoine de la Garenderie qui défend l’idée des savoirs non-scientifiques (la gestion du mental) et l’intuition comme donnée de l’équation des actions. On tirera aussi profit de la pensée de Gaston Bachelard sur ce domaine.

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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /Juil /2009 14:48

Dérida (Construction-Déconstruction) a apporté des éléments intéressants sur cette question épistémoligique. C'est intéressant qu'en allemand (Heidegger), on parle de Destruktion (oui... je sais cela ne se traduit pas par destruction... enfin bref, c'est amusant quand même)...


Un concept est complexe, non pas dans le sens de compliquer, mais dans le sens qu'il n'est pas simplex. Comment, avec ces composantes, naviguer du singulier à l'universel et retourner au singulier ? La somme de plusieurs éléments est bien plus que l'addition de ces éléments. Une difficulté de définir le concept se situe dans le fait que quand bien même le concept comprend un contour, celui-ci est irrégulier, et sujet à variations. Un concept est défini par rapport à un autre, et donc, fait intervenir l'altérité. Le problème alors est de savoir comment se positionner par rapport à l'autre dans une confrontation culturelle.

Cela a sa pertinence dans la société antillaise dans laquelle nous vivons, surtout au niveau linguistique où le langage conceptuel et langage métaphorique se côtoient. Dans certaines cultures asiatiques, par exemple, le « je » n'a pas d’existance, mais l'individu se positionne en une situation donnée, à un moment donné, par rapport à autrui.

Il s'agit d'un positionnement constant. Par ailleurs, la confrontation du « cogito ergo sum » de Descartes est soumis à la temporalit
é kantienne. On pourrait paraphraser quand ainsi : « Descartes nous dit je pense, donc je suis... », à certains moments, il va accoler son énonciation : « je pense/je suis », et Kant de répondre : « disons que ça pense et ça bouge ! ». C'est pourquoi, nous pouvons apporter quelques « correctifs » à la problématique du concepteur, en apportant à l'élément du devenir. Les composantes d'un concept, les concepteurs eux-mêmes, se raccordent, se recoupent. Il est donc une interpénétration des concepts visant un point de convergence. Il en va de la nature du concepteur Je relève Trois aspects du concept. 1/les concepts ne sont jamais créés et de rien, 2/ils sont distincts mais inséparables, 3/ils conduisent vers un point d'accumulation, nous dirons « point de convergence ».

Déjà
au XIIIe siècle, saint Thomas d'Aquin parlait d'une interpénétration des idées qui est appliqué à la théologie trinitaire avec la circumincession ; une interpénétration de chacune des composantes de la Trinité ; distinctes, mais inséparables, s'interpénétrant donc dans un mouvement visant un point de convergence. Sans nul doute que cette idée a contribué à l'émergence d'une philosophie processuel et, parallèlement, une théologie du process. Et un autre élément de la problématique issue du trait intensifiant, est que dans un concept, il n'y a pas de constante, pas de variable, mais des variations. Le concept étant incorporel, à quoi pouvons-nous faire référence ?

Selon moi, ce qui importe, ce n'est pas la chose en elle-même, mais sa signification. Cependant, nous ne sommes pas dans un significando causant. De cette énonciation, nous pouvons nous intéresser à la philosophie du visage (faire un lien entre l'éthique et l'esthétique). Aussi, un dualisme existe, pour le concepteur entre l'absolu et le relatif.

Le concept ne se présente donc pas comme discursif, mais comme spatial. Cela mérite un temps d'arrêt dans la présentation du concept d'être et de non-être chez Platon. Les Pauliciens, au VIIe siècle, puis les Bogomiles, au XIVe siècle, posaient la question de savoir si le non-être s'opposait plus à l'être en étant quelque chose qu'en étant rien. Pour conclure, la problématique du concept semble trouver une voie intéressante dans le fait qu'à cette énonciation spatiale s'ajoute la notion du temps.
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 20:26

Christophe Deville Soutient son mémoire : « L’intelligence Existentielle en Martinique » Mercredi 22 juillet 2009 à 10h00 À l’Université des Antilles et de la Guyane UFR Sciences Humaines – Salle L 31

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Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /Mai /2009 19:47

Connais-toi toi-même (Socrate)


Depuis quelques temps, on assiste à de nouvelles formes de management au sein des entreprises et structures associatives.

Nous avons relevé deux grandes écoles qui semblent s’opposer dans leur méthode. A l’heure où fleurissent des séminaires de « Coaching », nous pouvons nous interroger sur la dévitalisation des valeurs qu’entrainent certaines théories du Coaching. Vous reconnaitrez facilement ses nouvelles pratiques par le vocabulaire employés : Coaching - Team Building - Rapport ‘Gagnant-gagnant’ – Développement Personnel – Croyances limitantes – Développement Managérial – etc…

Ces écoles ont fondé leurs propres normes de références. Par exemple, Vincent Lenhart définit (en 2002) que « le coaching est à la fois une aide et une co-construction offerte à une personne (ou une équipe) à travers une intervention ponctuelle ou, le plus souvent, un accompagnant vécu dans la durée. Cette aide et cette co-construction s’inscrivent dans une situation professionnelle, et/ou managériale et/ou organisationnelle. Elles visent à créer les conditions pour la personne (ou l’équipe coachée) qui lui permettent de trouver et de construire ses propres solutions» Elles situent la résolution ponctuelle, ou à court terme, recherchée, dans la perspective d’un développement à la fois durable et global. ».


Cette définition est séduisante. Mais l’avez-vous remarqué ? Les termes employés font tous référence à un mouvement (construction, solution, durée, solutions résolution, recherche, perspective), et délaisse l’état d’être de la personne. C’est plaisant pour une société qui se veut en mouvement et dans laquelle, tout arrêt est perçu comme une stagnation. Ce type d’accompagnement regarde vers une direction, et risque de produire, selon-nous, une dévitalisation des valeurs.


De l’autre côté, Maela PAUL, est sans aucune mesure l’une des spécialistes les plus sérieuse et qualifié en matière d’accompagnement. Dans son ouvrage (l’accompagnement : une posture professionnelle spécifique), elle souligne et relève les pratiques qui ne sont pas nouvelles, mais qu’on retrouve déjà chez Socrate dans l’art de la maïeutique, c'est-à-dire cette capacité de faire advenir le moi profond chez une personne.

Il m’apparait que le Coaching, tel que le prône Vincent Lenhart, est un accompagnement de type « VISÉ » qui nécessite un correctif :
un accompagnement de type « MAINTIEN », dont le but est une conscientisation identitaire nécessaire, en notre époque et lieu, particulièrement dans la problématique antillaise.

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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 19:30

Retour sur l’après crise aux Antilles. La crise que nous avons rencontrée est une crise sociale de grande ampleur qui a revêtu plusieurs caractéristiques 1/ Elle a semblée soudaine, 2/ Elle s’est élargit très rapidement, 3/ Elle a été reconnue comme légitime. Cependant, plusieurs croyants se sont opposés à ce mouvement, puisqu'il sagissait de répondre à la convoitise du diable. Hier, j’entendais qu’en Europe, la Reine d’Angleterre avait décidé de réduire ses dépenses. On peut s’interroger sur les conséquences : si tout le monde décide de moins consommer, les producteurs de bien et de services se retrouvent dans des difficultés et doivent fermer « boutique ». Est-ce bien ? Est-ce mal ? Pour les Antilles, il faut comprendre que depuis 50 ans, nous vivons dans un système économique ou ce n’est pas la sous-production qui peut faire émerger une crise. La capacité de l’homme à produire est conséquente (cela, pose d’autres problèmes comme la durabilité des biens produits). Si le système tombe en panne, ce n’est pas par un manque de production ! ça, c’est un fait nouveau dans notre société postmoderne hyper technologique !

C’est le non achat des biens disponibles qui peut produire cette panne. En accord avec le constat que fait la Bible sur notre époque (c’est prophétique), nous comprenons que le développement d’un pays ou d’une région ne se produit qu’à l’excitation du désire d’achat ! Le système dit que si physiquement et physiologique, l’homme est limité, par contre, à travers un mode de vie, nous sommes incités à une consommation excessive. Par exemple : il nous faut 60 chemises, 6 paires de lunettes, etc... Ce qu’il faut comprendre, c’est que la disponibilité du bien n’est pas liée à l’usure du bien mais à l’usure de la « mode ». La consommation est au cœur de notre système social. Pour nous, aux Antilles, un nouvelle ethos politique et social est apparu : celui qui ne participe pas à la consommation se sent exclus (n’est-ce qu’un ressenti ?) C’est cela qui a été au centre des revendications : « on veut être partie prenante, et participant de la société ». La consommation est au cœur du système. Consommer est aussi un mode de « reconnaissance ». La revendication n’était pas seulement un désir d’avoir plus de bien matériel ! Cette revendication avait une représentation social de fait de consommer : A travers la consommation, on expose l’être qu’on veut présenter aux autres. La consommation devient l’axe fondamental de l’existence sociale. La consommation est aussi une action majeure, car l’anéantissement de notre capacité de production fait qu’il n’y a pas d’autre lieu ou se poser face au regard des autres. C’est donc le reflet d’un besoin d’expression de la nécessité d’exister. Or, se droit d’existé a été refusé par la situation économique. Cela dépasse donc le seul aspect économique ; nous sommes bien dans le social ! Les éruptions de violence, pendant la crise ont ciblés les lieux de consommation. L’occasion a été donné à certains (et les jugements a montré qu’il s’agissait de monsieur « toutlemonde ») d’exister à un autre niveau.

Mais il y a un espoir ! La population a exprimé son désarroi, sa révolte et le désir de se reconstruire autour d’autres priorités ! Ce malaise et ce mal-être donnent l’occasion de se repenser différemment ! Comme nous le prêchons, il est temps de redéfinir le concept de travail, d’activité et d’emploi. Nous devons sortir de cette situation de « citoyen spectateur » au sein de laquelle nous avons peut être été enfermés. Ce qui s’est passé va beaucoup plus loin qu’une simple revendication matérielle ! C’est le besoin de s’interroger sur notre existence. Un désire commun de faire autrement.

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