le croyant et le jeûne - partie 1

Publié le par Pasteur Christophe Deville

Bonjour à chacun ! Au cours de ces prochains jours, je vous propose une étude sur le jeûne. Qu'est ce que le jeûne ? Pourquoi le jeûne ? Quelles sont les enseignements éronnés et les idées préconcues sur le jeûne, les bénédictions liées au jeûne... Jésus ne disait pas "si vous jeûnez" mais "LORSQUE vous jeunez". Aussi, au regard de certaines pratiques étranges observées autour de nous, il nous a parru fondamental de revenir aux sources bibliques du jeûne, en manifestant un certain "bon sens"... C'est la raison pour laquelle, dans cette première partie, nous traiterons des fausses conceptions du jeûne. 
Bonne étude à tous !

Pasteur Christophe Deville

CHAPITRE I
LES FAUSSES CONCEPTIONS DU JEUNE
 
Nous allons débattre dans ce premier chapitre des fausses conceptions du jeûne.
 
Le jeûne n’est pas de l’ascétisme !
 
L’ascétisme, la mortification ou le rigorisme sont des pratiques contre nature et non biblique. Se meurtrir le corps, c’est déshonorer le Seigneur qui l’a créé pour être le temple du Saint-Esprit.
 
Ces conceptions se sont infiltrées dans l’Eglise par le biais de la pensée grecque qui considérait la matière et le corps comme des éléments mauvais, et même un handicap à la vie spirituelle. Cette position conduit à un jeûne excessif, des veilles intensives et autres formes d’abus de son physique. Au mieux, cette tendance peut devenir un mauvais zèle ; au pire une œuvre démoniaque !
 
Lév. 19:28 ; Deut. 14:1 «Vous ne vous ferez pas d’incisions sur le corps...»
 
1 Rois 18:28 «Les prophètes crièrent à tue-tête et se firent des incisions selon leur coutume».
 
Col. 2:18 «...ces gens qui prennent plaisir à s’humilier par des pratiques extérieures...».
 
Col. 2:23 «Certes les prescriptions de ce genre paraissent empreintes d’une grande sagesse, car elles demandent une grande dévotion rigoureuse, des gestes d’humiliation et l’assujettissement du corps à une sévère discipline. En fait, elles n’ont aucune valeur pour maîtriser les passions de la nature humaine».
 
1 Tim. 4:1-3 «Cependant, l’Esprit déclare clairement que dans les derniers temps, plusieurs se détourneront de la foi par ce qu’ils s’attacheront à des esprits trompeurs et à des enseignements inspirés par des démons... ils exigeront que l’on s’abstienne de certains aliments alors que Dieu a créé toutes choses pour que les croyants... en jouissent avec reconnaissance».
 
1 Tim. 4:8 «L’exercice physique à son utilité certes, mais il est limité.»[1]
 
Jeûner n’est pas de l’auto-mortification !
 
Jeûner n'a aucune valeur s'il est pris dans le sens de combattre par lui-même le péché qui est en nous. Ce n’est pas le jeûne qui nous rend saint. La chair ne peut-être combattue que par la puissance du Saint-Esprit lorsque par Lui, nous faisons mourir les désirs de la chair associée à notre ancienne façon de vivre non chrétienne.
 
Ce genre de jeûne pourrait même servir à excuser la chair et dénier la victoire que Jésus a obtenue en triomphant de la puissance du péché[2]. Il ne sert qu’à excuser la chair qui prend plaisir à une forme externe et un semblant de super spiritualité.
 
C’est dans ce contexte que Paul rédigea le sixième chapitre de son épître aux Ephésiens. Trop souvent nous sortons ce texte de son contexte. Lorsque Paul écrit « Nous n’avons pas à lutter contre la chair... », le lecteur y voit le combat spirituel. Sa pensée pourrait être traduite ainsi : « Je n’ai pas à lutter contre la chair et le sang. Dans mes prières et dans mes actes je ne dois pas attaquer les païens mais lier les puissances ténébreuses et les principautés démoniaques qui font que ces païens agissent ainsi ». Certes, ce n’est pas anti-biblique d’agir ainsi, bien au contraire ! Mais le propos de Paul est tout autre à cet endroit. Lorsqu’il écrit ces mots en Eph. 6:12, il traite de notre ennemi qui n’est autre que nous-mêmes, influencés que nous sommes par ces puissances, autorités et pouvoirs. Les religions païennes à Ephèse considéraient qu’il fallait «lutter contre la chair et le sang», c’est à dire la meurtrir, la dompter, pour atteindre un stade élevé de spiritualité. Ce n’est pas notre propre chair qu’il faille meurtrir lorsque nous avons des excès de colère mais discerner l’adversaire et le terrasser !
 
Nous pourrions imaginer la situation suivante où un enfant croyant se mettrait à battre son frère avec violence et sa mère, l’obligeant à jeûner pour purger sa colère. Elle aura beau répéter sa punition et même sévir, une telle situation se reproduirait sans fin si la source de la violence n’est pas discernée. En fin de compte, sa punition pourrait produire deux choses : la rébellion, car l’enfant serait incapable de lutter contre la puissance du péché. Ou, s’il a le désir de s’en sortir une profonde culpabilité qui freinerait son épanouissement.
 
Je suis bien triste parfois de voir combien certains chrétiens, n’ayant pas été enseignés dans ces vérités souffrent sans comprendre et se font du mal à eux-mêmes sans trouver ni le bonheur ni la liberté qui leur sont pourtant acquis par Jésus. Certes, Ils savent que Jésus a triomphé du péché mais ignorent ou ne vivent pas qu’il en a triomphé jusque dans ce qui lui donnait du pouvoir sur nous.
 
Rom. 8:13 «Si par l’Esprit, vous faites mourir les actes mauvais que vous accomplissez dans votre corps, vous vivrez».
 
Marc 8:34 «Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même».
 
Col. 2:21-23 «pourquoi vous laissez-vous imposer des règles du genre ‘ne prends pas ceci, ne mange pas de cela, ne touche pas à cela’?».
 
Le Jeûne n’est en aucun cas un sujet de mérite !
 
Cette pensée suggère que Dieu regarde le Jeûne comme méritoire. C’est une idée fallacieuse que de penser pouvoir s’obtenir la faveur de Dieu (sa Grâce, sa bénédiction) ou qu’il réponde à nos prières à cause du jeûne[3]. Lorsque nous prions en jeûnant, certes nous nous attendons à ce que Dieu réponde. Mais c’est aller trop loin de penser « qu’avec ça au moins, si Dieu ne répond pas... ». C’est la nuance entre «s’attendre à», attitude et expression de la foi et «attendre ça», attitude qui vise à prendre Dieu pour un distributeur automatique de bonbons. (Nous avons développé cette partie sur la grâce de Dieu dans la brochure «le Saint-Esprit et le Croyant»).
 
Matt. 15:9 «Le culte qu’il me rend n’a aucune valeur car les enseignements qu’il donne ne sont que des règles inventées par les hommes».
 
Luc 18:12 «Moi, je jeûne deux jours par semaine et je donne dix pour-cent de tous mes revenus».
 
Jeûner n’est pas un signe de notre élévation !
 
Les pharisiens en faisaient une «gloriole». Cette approche ostentatoire du jeûne comme on la retrouve dans beaucoup de pratiques religieuses conduit à porter l’attention sur le jeûne et de le prendre comme une puissance en soit. Ils faisaient valoir leur spiritualité. En fait, Jésus les condamna et parla de la récompense du jeûne donnée seulement à ceux dont les motivations sont pures. (Cf. Matt. 6:16).
 
De mauvais courants de pensées à bannir...
 
«Quand le jour fut venu, les Juifs fomentèrent un complot et s'engagèrent sous peine d'anathème à ne pas manger ni boire avant d'avoir tué Paul» (Actes 23:12).
 
En lisant ce verset, nous pouvons noter l’attitude des adversaires de la Foi qui eux aussi pensent jeûner... mais l’origine et l’objectif de leur décision sont démoniaques. S’abstenir de boire et de manger pour des raisons contraires à la volonté de Dieu est équivalent à une grève de la faim sans dimension spirituelle. Certains pensent qu’en jeûnant, ils sont élevés à la mesure de Dieu. Le jeûne est fait pour nous placer devant la face du Seigneur, sous son autorité, certainement pas pour nous passer de lui par un rite religieux qui Le remplacerait. Ca, c’est de l’occultisme ! ! ! Il est donc mauvais, voire très dangereux de jeûner pour sa propre justice ou satisfaire son égocentrisme.
 
 
 
 


[1]Ce serait une erreur de comprendre l’exercice physique comme s’il s’agissait de gymnastique. Il est question ici de s’exercer à maîtriser son corps et le tenir en bride.
 
[2] en effet, si la plupart d’entre nous savons que Jésus-Christ a triomphé du péché, nous devons saisir cette autre réalité à savoir qu’il a aussi triomphé de la puissance du péché. Approprions-nous cette bénédiction afin d’être inébranlable.
[3] ou encore par quelque acte que ce soit.
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